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Afrique : Le marché des dispositifs médicaux devrait presque doubler pour atteindre 11,2 milliards USD d’ici 2035

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Le marché africain des dispositifs médicaux s'apprête à connaître une forte expansion au cours de la prochaine décennie. Évalué à 5,8 milliards de dollars en 2024, contre 5,4 milliards de dollars en 2023, il devrait atteindre 11,2 milliards de dollars, soit 6 164,8 milliards FCFA, à l'horizon 2035, selon les projections de Market Research Future, l'une des sociétés les plus réputées en matière d'études de marché syndiquées. Cette progression correspond à un taux de croissance annuel composé (TCAC) de 6,8% sur la période 2024-2035. Cette dynamique devrait être portée par l'accélération des investissements dans les infrastructures sanitaires, la progression des maladies non transmissibles et infectieuses, ainsi que par l'essor des technologies numériques appliquées à la santé.

La modernisation progressive des systèmes de santé africains constitue l'un des principaux facteurs de développement du marché. Les gouvernements, les investisseurs privés et les partenaires au développement multiplient les projets de construction et de rénovation d'hôpitaux, de centres de diagnostic, de laboratoires et de structures de soins de proximité. Cette évolution alimente mécaniquement la demande en équipements médicaux, aussi bien dans les établissements publics que dans les structures privées.

Les politiques visant à améliorer la couverture sanitaire universelle devraient également soutenir cette tendance. Les investissements publics dans les infrastructures sont complétés par les financements des bailleurs internationaux et par des partenariats public-privé, créant de nouveaux débouchés pour les fabricants et distributeurs de dispositifs médicaux.

Le poids croissant des maladies chroniques

Le développement du marché répond également à l'évolution du profil sanitaire du continent. L'Afrique doit désormais faire face à un double fardeau associant maladies infectieuses et maladies non transmissibles, notamment les maladies cardiovasculaires, le diabète et le cancer. Cette situation renforce les besoins en équipements permettant d'améliorer le diagnostic et le suivi des patients.

L'imagerie médicale devrait notamment profiter de cette tendance. Selon Market Research Future, ce segment devrait générer 2,8 milliards de dollars de revenus d'ici 2035, grâce à l'installation croissante d'équipements d'échographie, de radiographie, de tomodensitométrie et d'IRM dans les établissements sanitaires. Le diagnostic in vitro (DIV) apparaît également comme l'un des segments les plus dynamiques. Son marché devrait passer de 1,1 milliard de dollars en 2024 à 2,3 milliards de dollars en 2035, soutenu notamment par l'essor des tests au point de soins et le dépistage des maladies infectieuses.

L'Afrique veut réduire sa dépendance aux importations

Au-delà de la croissance de la demande, le secteur pourrait également connaître une transformation de son appareil productif. Les initiatives visant à développer la fabrication locale de dispositifs médicaux se multiplient, avec pour objectif de réduire les vulnérabilités des chaînes d'approvisionnement et la dépendance aux importations. L'Union africaine et le CDC Afrique encouragent notamment le développement de capacités locales de production de consommables et d'équipements médicaux.

L'harmonisation réglementaire constitue un autre levier important. La mise en place de l'Agence africaine des médicaments (AMA) et les initiatives visant à rapprocher les cadres réglementaires des différents marchés devraient faciliter l'accès aux marchés et la distribution transfrontalière des produits médicaux. Cette évolution pourrait progressivement favoriser l'émergence d'un véritable écosystème industriel africain des technologies médicales.

*L'Afrique du Sud domine, l'Afrique de l'Ouest dispose d'un important potentiel*

Les dynamiques régionales restent toutefois contrastées. L'Afrique du Sud constitue actuellement le premier marché africain des dispositifs médicaux, avec une part estimée à 28,5% en 2024, soit plus de 1,6 milliard de dollars. Le pays bénéficie notamment d'un secteur privé de santé développé, d'un réseau de distribution structuré et d'une forte adoption des technologies médicales. L'Afrique du Nord constitue également un important pôle de croissance. L'Égypte bénéficie notamment des réformes liées à l'assurance maladie universelle et des programmes de modernisation hospitalière, tandis que le Maroc et l'Algérie renforcent leurs importations et leurs capacités d'assemblage.

En Afrique de l'Est, le Kenya, l'Éthiopie et la Tanzanie profitent notamment de la progression de la santé numérique, du développement des réseaux de cliniques privées et des programmes sanitaires soutenus par les bailleurs de fonds. L'Afrique de l'Ouest présente, elle aussi, un potentiel considérable, notamment en raison de sa démographie et de la modernisation rapide du secteur privé de la santé. Le Nigeria apparaît comme le principal marché de la sous-région, porté par les investissements dans les établissements médicaux spécialisés.

Le marché africain demeure aujourd'hui largement structuré autour des grands fabricants internationaux, des distributeurs régionaux et d'un nombre croissant de producteurs locaux. Dans un environnement où les contraintes de financement demeurent importantes pour de nombreux établissements africains, la compétitivité ne dépendra toutefois pas uniquement de la sophistication technologique des équipements. Le prix, la disponibilité des pièces détachées, la maintenance, le support technique local et les possibilités de financement devraient également jouer un rôle déterminant.

À l'horizon 2035, le marché africain des dispositifs médicaux devrait donc évoluer au-delà de la simple importation d'équipements. L'assemblage local, la production régionale, la connectivité numérique et le développement de solutions adaptées aux réalités africaines pourraient devenir les nouveaux axes structurants du secteur.

Publié le 21/08/26 17:29

Narcisse Angan

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