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Afrique/Économie numérique : 5 pays francophones ciblés par un nouvel accord BAD‑OIF pour booster l’employabilité des jeunes

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Ce 24 juin 2026, à Paris, le président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), Dr Sidi Ould Tah, et la secrétaire générale de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Louise Mushikiwabo, ont signé un partenariat stratégique visant à renforcer les compétences numériques, l'employabilité et l'entrepreneuriat des jeunes et des femmes dans cinq pays francophones : le Bénin, le Cameroun, la Guinée, la République démocratique du Congo et Madagascar.

Conçu pour répondre au double défi de l'emploi et de la transformation numérique, le partenariat prévoit la mise en place de programmes de formation ciblés dans des secteurs porteurs : développement web et mobile, cybersécurité, intelligence artificielle et analyse de données. En complément des modules techniques, les bénéficiaires recevront un accompagnement à l'entrepreneuriat et à l'insertion professionnelle, via des stages, des activités de prototypage et des synergies avec des incubateurs et accélérateurs locaux. Cette approche intégrée doit faciliter les trajectoires vers l'emploi salarié et indépendant, tout en favorisant l'émergence d'écosystèmes d'innovation robustes.

Le programme débutera par une phase pilote de 12 à 24 mois dans les cinq pays sélectionnés, avant une extension progressive à d'autres États membres selon les résultats. Les deux organisations insistent sur l'importance du renforcement des capacités locales et de l'appropriation nationale des initiatives : les formations seront déployées en coopération étroite avec les autorités publiques et les établissements de formation locaux afin d'assurer une adaptation contextuelle et une durabilité des actions.

Ce partenariat s'inscrit dans la stratégie plus large de la BAD, fondée sur les "Quatre points cardinaux" présentés par son président, dont l'un vise explicitement à tirer parti du dividende démographique. À l'échelle du continent, la jeunesse, et plus particulièrement la tranche 15–35 ans, représente une réserve considérable de talents : la BAD estime cette population à environ 420 millions aujourd'hui, un chiffre susceptible de doubler d'ici au milieu du siècle. Or, chaque année, 10 à 12 millions de jeunes entrent sur le marché du travail africain alors que l'économie formelle crée seulement quelque 3,1 millions d'emplois. Ce décalage structurel renforce l'importance de solutions axées sur l'entrepreneuriat technologique et la formation spécialisée.

Sur le plan économique et social, investir dans les compétences numériques présente un double avantage : d'une part, il permet d'augmenter l'employabilité des jeunes dans des secteurs à forte valeur ajoutée ; d'autre part, il stimule la création d'entreprises et l'innovation locale, éléments clés de résilience face aux chocs économiques. En outre, en formant davantage de femmes aux métiers du numérique, le partenariat contribue à réduire les disparités de genre sur le marché du travail et à renforcer l'impact inclusif des politiques publiques.

Pour l'OIF, l'accord représente la première étape concrète d'une initiative visant à mobiliser des financements innovants et additionnels pour des projets à fort impact. La capacité à attirer des financements privés et des partenariats public-privé sera déterminante pour l'ampleur et la pérennité des actions envisagées. De même, la mise en place d'indicateurs de suivi et d'évaluation permettra de mesurer l'efficacité des formations, le taux d'insertion professionnelle des participants et la création d'entreprises.

Anselme Akéko

Publié le 25/06/26 12:24

La Rédaction

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