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Aly MBOW, DFC du Groupe Sonatel : ‘’Le fractionnement, un levier pour faciliter l’accès au titre à un plus grand nombre d’investisseurs’’

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Aly MBOW, DFC du groupe Sonatel :

Le fractionnement, un levier pour faciliter l'accès au titre et permettre à un plus grand nombre d'investisseurs de participer au marché

Depuis ce 26 octobre 2026, chaque action Sonatel est remplacée par dix actions nouvelles, avec un prix unitaire théoriquement divisé dans la même proportion. Destinée à rendre le titre plus accessible et à favoriser les échanges à la BRVM, cette opération ne modifiera ni le capital social de l'entreprise, ni la valeur totale des participations, ni les droits économiques des actionnaires. Dans cet entretien accordé à Sika Finance, Aly MBOW, DFC du groupe, explique le mécanisme, ses objectifs et les indicateurs qui permettront d'en mesurer les effets.

Sonatel soumet à ses actionnaires un fractionnement de l'action dans un rapport de un à dix, avec une prise d'effet le 26 octobre 2026. Pourquoi avoir choisi de réaliser cette opération maintenant ?

La progression du cours de l'action Sonatel ces dernières années rendait particulièrement pertinente la question de son accessibilité. Le titre figurait parmi les plus chers de la cote de la BRVM, avec un cours passé d'environ 28 500 FCFA à fin juin à plus de 40 000 FCFA ces dernières semaines. À ce niveau, le montant nécessaire pour acquérir une seule action peut constituer un frein pour certains épargnants.

Nous constations également un enjeu de dynamisation des échanges, avec un volume moyen d'environ 9 300 titres par jour en 2025. Le fractionnement constitue un levier pour faciliter l'accès au titre et permettre à un plus grand nombre d'investisseurs de participer au marché.

Le fractionnement constitue un levier pour faciliter l'accès au titre et permettre à un plus grand nombre d'investisseurs de participer au marché. 

Cette opération s'inscrit dans un processus de gouvernance engagé en amont. Le projet a été évoqué lors de l'Assemblée générale ordinaire d'avril 2026, validé par le Conseil d'administration, puis adopté par l'Assemblée générale extraordinaire du 8 octobre 2026. Le calendrier retenu permet également de distinguer les opérations relatives au dividende de celles liées au fractionnement.

Enfin, nous abordons cette opération avec des fondamentaux solides, confortés par la progression de nos résultats au premier semestre 2026. Notre objectif est de rendre l'action plus accessible, sans modifier la valeur économique de la participation de chaque actionnaire du seul fait du fractionnement.

Pourriez-vous expliquer simplement le mécanisme à un épargnant peu familiarisé avec la Bourse ? Concrètement, comment une action devient-elle dix actions sans que la valeur totale du placement augmente ?

L'image la plus simple est celle d'un billet de 10 000 FCFA échangé contre dix billets de 1 000 FCFA : on dispose de davantage d'unités, mais la somme totale reste identique. Concrètement, à compter du 26 octobre 2026, chaque action ancienne donne lieu à dix actions nouvelles, tandis que le cours de référence sera ajusté dans la même proportion.

Prenons l'exemple d'un actionnaire détenant 100 actions valorisées à 43 850 FCFA chacune à la clôture du 23 octobre, soit un portefeuille de 4,385 millions FCFA. Après le fractionnement, il détiendra 1 000 actions. Sur la base du cours de référence de 4 385 FCFA fixé par la BRVM dans son avis n° 309-2026/BRVM/DG, son portefeuille conservera une valeur théorique de 4,385 millions FCFA, toutes choses égales par ailleurs. Le fractionnement ne modifie donc pas, en lui-même, la valeur du placement, qui évoluera ensuite en fonction des variations du cours de l'action en Bourse.

Concrètement, à compter du 26 octobre 2026, chaque action ancienne donne lieu à dix actions nouvelles, tandis que le cours de référence sera ajusté dans la même proportion. 

Le capital social de Sonatel demeure inchangé à 50 milliards FCFA. Seuls le nombre d'actions et leur valeur nominale évoluent : le nombre de titres passe de 100 millions à un milliard, tandis que la valeur nominale de chaque action est ramenée de 500 à 50 FCFA.

Chaque actionnaire conserve ainsi la même proportion du capital. Le fractionnement ne modifie ni les résultats de l'entreprise ni ses perspectives économiques. Il faut toutefois distinguer cet ajustement mécanique de l'évolution ultérieure du cours, qui continuera de dépendre des conditions du marché.

La conversion des titres sera-t-elle entièrement automatique pour les actionnaires ? Devront-ils accomplir une formalité auprès de leur Société de gestion et d'intermédiation ou modifier leurs ordres de Bourse en cours ?

La conversion des actions est automatique et gratuite pour les actionnaires. Le Dépositaire central/Banque de règlement assure les opérations de conversion, tandis que les comptes-titres sont mis à jour par les intermédiaires concernés, notamment les Sociétés de gestion et d'intermédiation.

La conversion des actions est automatique et gratuite pour les actionnaires qui n'ont donc aucune démarche particulière à effectuer pour convertir leurs titres. 

Les actionnaires n'ont donc aucune démarche particulière à effectuer pour convertir leurs titres. Concernant les ordres de Bourse en cours à la date de l'opération, leur traitement relève des modalités communiquées par la BRVM. Nous invitons les actionnaires concernés à se rapprocher de leur SGI afin de vérifier la situation de leurs ordres et de connaître, si nécessaire, les dispositions à prendre. Nos équipes chargées des relations avec les investisseurs, les SGI et notre SGI conseil, CGF Bourse, sont mobilisées pour accompagner les investisseurs et répondre à leurs questions.

L'objectif affiché est de rendre l'action plus accessible aux petits épargnants. Sonatel vise-t-elle prioritairement une augmentation du nombre d'actionnaires individuels, une amélioration de la liquidité du titre ou une diversification plus large de son actionnariat dans l'UEMOA ?

Ces objectifs sont complémentaires, mais notre priorité est avant tout de renforcer l'accessibilité de l'action. Avec la progression du cours ces dernières années, nous souhaitons faciliter l'accès au titre pour un plus grand nombre d'investisseurs individuels, notamment les jeunes épargnants, au Sénégal comme dans les autres pays.

Nous souhaitons faciliter l'accès au titre pour un plus grand nombre d'investisseurs individuels, notamment les jeunes épargnants, au Sénégal comme dans les autres pays.  

À titre d'illustration, sur la base du cours théorique de 4 385 FCFA après fractionnement, un budget de 50 000 FCFA permettra d'acquérir une dizaine d'actions, hors frais de transaction. Le nombre effectivement acquis dépendra du cours de marché au moment de l'achat.

Un prix unitaire plus accessible peut également faciliter la participation d'investisseurs disposant de budgets différents et favoriser les échanges. Toutefois, le fractionnement ne garantit pas, à lui seul, une amélioration de la liquidité : celle-ci dépendra notamment de la demande et du comportement des investisseurs.

Sonatel compte aujourd'hui près de 38 000 actionnaires. Nous souhaitons élargir cette base et permettre à un plus grand nombre d'épargnants de s'intéresser à notre titre. Le fractionnement est un moyen de faciliter cette démarche, tout en laissant à chaque investisseur la liberté d'apprécier l'opportunité d'investir en fonction de ses objectifs et de sa situation.

Comment les cours historiques, le prix de revient des actions et les performances affichées dans les portefeuilles seront-ils ajustés afin que le fractionnement ne soit pas interprété comme une chute de 90% du titre ?

Il est essentiel de distinguer l'ajustement mécanique du cours de l'évolution réelle de la valeur de l'investissement. Au moment du fractionnement, le cours de référence est divisé par dix et le nombre d'actions détenues est multiplié par dix. Le prix de revient unitaire est également ajusté en conséquence dans les portefeuilles concernés.

Ainsi, un actionnaire qui détient 100 actions à 43 850 FCFA possède un portefeuille valorisé à 4,385 millions FCFA. Après l'opération, il détiendra 1 000 actions à un cours théorique de 4 385 FCFA, soit la même valeur totale, toutes choses égales par ailleurs. Cette évolution ne traduit donc pas une perte de 90 % de la valeur du portefeuille. Elle résulte uniquement de la modification du nombre d'actions et de leur prix unitaire.

La BRVM communiquera les modalités applicables aux cours de référence et aux données historiques afin de permettre une lecture cohérente de l'évolution du titre avant et après le fractionnement. Nous avons également anticipé les besoins d'information des actionnaires à travers un guide de l'actionnaire, une foire aux questions, des journées portes ouvertes organisées du 25 septembre au 7 octobre et des échanges avec les SGI.

Notre priorité est que chaque actionnaire comprenne bien qu'un prix unitaire divisé par dix ne signifie pas une perte de 90 % de son investissement. Après la reprise des échanges, le cours continuera naturellement d'évoluer selon les conditions du marché.

Sonatel avait déjà fractionné son action dans un rapport d'un à dix en novembre 2012. Quel bilan tirez-vous de cette première opération en matière de volumes échangés, de liquidité et d'élargissement de l'actionnariat ?

L'expérience de 2012 constitue un précédent intéressant dans notre réflexion. Le 23 novembre 2012, l'action Sonatel avait fait l'objet d'un fractionnement selon un ratio d'une action pour dix. Le cours était alors passé d'environ 130 000 FCFA à 13 000 FCFA et la valeur nominale de 5 000 à 500 FCFA.

Selon les données historiques disponibles, cette opération a été suivie d'une progression significative des volumes échangés et du nombre d'actionnaires au cours des périodes suivantes. Ce précédent illustre l'intérêt que peut représenter une meilleure accessibilité du titre pour le marché régional. Aujourd'hui, la progression du cours nous conduit à privilégier de nouveau cette démarche, avec un ratio identique de une action pour dix.

Il convient néanmoins de rester prudents dans l'interprétation de ces résultats. Les conditions de marché ont évolué depuis 2012 et les effets du fractionnement de 2026 dépendront notamment du comportement des investisseurs et de la dynamique des échanges à la BRVM. Nous considérons donc l'expérience de 2012 comme un retour d'expérience utile, mais pas comme une garantie que les mêmes effets se reproduiront.

Le dividende constitue un élément central de l'intérêt des investisseurs pour Sonatel. À titre pédagogique, le dernier dividende net de 1 740 FCFA par action correspondrait à 174 FCFA après le fractionnement, à enveloppe distribuée inchangée. Pouvez-vous confirmer que le revenu total de l'actionnaire et le rendement de son placement resteraient identiques ?

Oui. Le fractionnement ne modifie pas les droits économiques attachés à la participation de chaque actionnaire. À enveloppe distribuée inchangée, le montant du dividende par action est divisé par dix, tout comme le cours de référence.

Le fractionnement ne modifie pas les droits économiques attachés à la participation de chaque actionnaire. 

Prenons un exemple illustratif : un actionnaire qui détient 100 actions et perçoit un dividende net de 1 740 FCFA par action, soit 174 000 FCFA au total, détiendra 1 000 actions après le fractionnement. Avec un dividende net ajusté à 174 FCFA par action, il percevra toujours 174 000 FCFA au total.

Le rendement du dividende reste également identique au moment de l'opération, toutes choses égales par ailleurs. Sur la base d'un cours de 43 850 FCFA et d'un dividende net de 1 740 FCFA, le rendement est d'environ 3,9 %. Après le fractionnement, le rapport entre un dividende de 174 FCFA et un cours théorique de 4 385 FCFA reste le même.

Le fractionnement ne modifie donc ni la masse distribuée ni les droits économiques de l'actionnaire. En revanche, les dividendes futurs resteront fonction des résultats de Sonatel et des décisions de distribution des instances compétentes.

Plus largement, cette opération aura-t-elle une incidence sur la politique de distribution de Sonatel ?

Non. Le fractionnement est une opération technique portant sur la structure du titre. Il ne modifie ni nos résultats, ni notre capacité distributive, ni notre politique de distribution. Celle-ci continuera d'être déterminée en fonction de nos performances, de nos besoins d'investissement, de la solidité de notre bilan et de nos perspectives de développement. Elle relève des instances de gouvernance compétentes, sur proposition du Conseil d'administration et après approbation de l'Assemblée générale ordinaire.

Le fractionnement ne modifie ni nos résultats, ni notre capacité distributive, ni notre politique de distribution. 

Depuis notre introduction en Bourse en 1998, Sonatel a distribué plus de 3 500 milliards FCFA à ses actionnaires. Cette trajectoire témoigne de l'importance que nous accordons à leur rémunération.

Nous restons attachés à cette approche, tout en veillant à préserver les équilibres financiers nécessaires à la poursuite de nos investissements et au développement durable du Groupe. Notre politique de distribution doit ainsi concilier la rémunération des actionnaires et les besoins de financement de notre croissance.

Quels indicateurs permettront, dans les mois suivant le 26 octobre, de mesurer la réussite de l'opération ?

Nous suivrons un tableau de bord à 30, 90 et 180 jours, puis à douze mois, en comparant les indicateurs observés à la situation précédant l'opération. Notre suivi portera notamment sur le volume moyen quotidien et la valeur des titres échangés, le nombre de transactions par séance, la fréquence de cotation, le taux de rotation du capital flottant, l'écart entre les meilleurs prix proposés à l'achat et à la vente, ainsi que la profondeur du carnet d'ordres.

Nous examinerons également l'évolution du nombre d'actionnaires et des comptes-titres ouverts, à partir des données du Dépositaire central/Banque de règlement et des SGI. Nous privilégierons l'analyse des tendances observées sur plusieurs mois plutôt que celle des fluctuations enregistrées au cours de quelques séances. Nous tiendrons également compte du contexte général du marché afin de ne pas attribuer automatiquement au fractionnement toute évolution des échanges.

L'objectif est de mesurer objectivement dans quelle mesure cette opération contribue à améliorer l'accessibilité du titre et à favoriser les transactions, sans présumer des résultats à l'avance.

Un fractionnement rend une action moins chère à l'unité, mais pas moins chère en termes de valorisation. Quels sont aujourd'hui les fondamentaux financiers et opérationnels qui constituent, selon vous, le véritable argument d'investissement de Sonatel ?

Le fractionnement rend l'action plus accessible en termes de prix unitaire, mais ne modifie pas la valorisation intrinsèque de l'entreprise. L'intérêt d'investir dans Sonatel repose avant tout sur la solidité de ses fondamentaux financiers, la résilience de son modèle économique et ses perspectives de croissance.

Au premier semestre 2026, le Groupe a enregistré une progression de ses performances, portée par la croissance de ses activités et la bonne tenue de ses résultats, tout en maintenant une marge d'EBITDAaL élevée, qui témoigne de sa capacité à générer durablement de la rentabilité et des flux de trésorerie.

Présent dans cinq pays — Sénégal, Mali, Guinée, Guinée-Bissau et Sierra Leone —, le Groupe compte plus de 40 millions de clients mobiles, dont 24 millions d'utilisateurs de la data mobile. Il investit en moyenne 300 milliards de FCFA par an dans le développement et la modernisation de ses réseaux fixes et mobiles. Ces atouts lui permettent de s'appuyer sur plusieurs relais de croissance, notamment la data, la fibre, la 4G, la 5G et les services financiers digitaux.

Cette solidité opérationnelle et financière est confortée par sa notation financière AAA, qui témoigne de la robustesse de son modèle économique et de sa capacité à investir durablement.

Le véritable argument d'investissement réside ainsi dans la capacité de Sonatel à conjuguer croissance, rentabilité, génération de trésorerie et rémunération de ses actionnaires, tout en poursuivant ses investissements pour soutenir son développement à long terme

Quelles perspectives financières et opérationnelles pouvez-vous présenter au marché pour la fin de l'exercice 2026 et les prochaines années, au-delà de l'effet ponctuel du fractionnement ?

Nous ne communiquons pas d'objectifs chiffrés en dehors de nos publications réglementaires. Nos résultats du troisième trimestre seront publiés d'ici à la fin du mois d'octobre, conformément au calendrier de communication financière du Groupe.

Nos priorités de développement s'articulent autour de plusieurs axes. Nous poursuivons d'abord nos investissements dans les infrastructures de réseau, notamment la fibre optique et les technologies mobiles 4G et 5G. La licence 5G obtenue en Guinée-Bissau s'inscrit dans cette dynamique, qui vise à améliorer la qualité de service et à accompagner la croissance des usages numériques.

Notre ambition reste de conjuguer croissance durable, investissements dans les réseaux et les services, et rémunération des actionnaires, tout en préservant nos équilibres financiers. 

Nous entendons également renforcer nos services digitaux et financiers, en développant des offres à valeur ajoutée adaptées à l'évolution des besoins de nos clients. L'intégration de l'intelligence artificielle constitue un autre axe de travail, avec pour objectifs d'améliorer l'expérience client et de renforcer notre efficacité opérationnelle.

À court terme, nous accordons par ailleurs une attention particulière à la connectivité et à la qualité de service dans le cadre des Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026, dont Sonatel est l'opérateur exclusif et le sponsor premium.

Notre ambition reste de conjuguer croissance durable, investissements dans les réseaux et les services, et rémunération des actionnaires, tout en préservant nos équilibres financiers.

Le fractionnement s'inscrit dans cette volonté d'ouvrir le titre à un public plus large. Il ne modifie pas notre stratégie : il vise à rendre l'action plus accessible, tandis que la valeur de l'investissement continuera de dépendre des performances du Groupe, de ses perspectives et des conditions de marché.

Publié le 27/10/26 13:01

La Rédaction

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