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Après 25 milliards USD engloutis, le Nigeria se tourne vers la Chine pour relancer ses raffineries

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Après plus d'une décennie d'investissements massifs et peu concluants, le Nigeria, premier producteur africain de pétrole brut, tente de relancer de son industrie de raffinage en se tournant vers la Chine. Ainsi, la Nigerian National Petroleum Company Limited (NNPC), la société pétrolière publique, a procédé à la signature d'un protocole d'accord, selon un communiqué publié ce 4 mai, avec des partenaires industriels chinois, marquant une tentative renouvelée pour remettre sur pied ses raffineries de Port Harcourt et Warri, en difficulté chronique.

En effet, entre 2010 et 2023, le pays a consacré environ 25 milliards de dollars, soit 13 991,5 milliards FCFA, à la réhabilitation de ses raffineries sans parvenir à restaurer durablement leur fonctionnement. Retards, surcoûts, performances en deçà des attentes, etc…, les précédents partenariats, notamment avec des groupes internationaux d'ingénierie, ont échoué à redonner vie à ces infrastructures pourtant cruciales.

Face à cet historique coûteux, la NNPC change de méthode. Plutôt que de recourir à de simples contrats de sous-traitance, elle privilégie désormais un modèle de partenariat en capital avec des entreprises chinoises expérimentées, à savoir Sanjiang Chemical Company Limited et Xingcheng (Fuzhou) Industrial Park Operation and Management. L'objectif est de finaliser les travaux de modernisation, améliorer l'efficacité opérationnelle et rendre les raffineries à la fois plus propres et plus rentables.

Au-delà de la simple remise en état, le projet affiche des ambitions plus larges. Il prévoit notamment le développement d'activités pétrochimiques et la création de pôles industriels gaziers autour des sites de raffinage. Une évolution qui traduit un repositionnement stratégique : passer d'un modèle classique de raffinage à des écosystèmes énergétiques intégrés, capables de générer davantage de valeur ajoutée. Selon le directeur général de la NNPC, Bashir Bayo Ojulari, cette approche vise également à rendre les installations autofinancées, grâce à l'ouverture du capital à des partenaires techniques.

Il faut souligner que malgré cet optimisme affiché, le projet reste à un stade préliminaire. Le protocole d'accord devra être suivi de négociations approfondies et d'approbations réglementaires avant toute mise en œuvre concrète. Et surtout, il devra surmonter les écueils qui ont plombé les initiatives précédentes. Pour les observateurs, ce nouveau partenariat illustre une réalité persistante, à savoir qu'en dépit de ses immenses réserves de pétrole brut, le Nigeria peine encore à maîtriser toute la chaîne de valeur énergétique.

L'effet catalyseur de la raffinerie Dangote

Cette relance intervient dans un contexte de transformation plus large du secteur énergétique nigérian, porté notamment par l'entrée en service de la Raffinerie Dangote. Considérée comme l'une des plus grandes raffineries à train unique au monde, elle a déjà commencé à réduire la dépendance du pays aux importations de carburants. Si les projets de Port Harcourt et Warri aboutissent, le Nigeria pourrait franchir un cap décisif, en passant du statut d'importateur chronique à celui de hub régional du raffinage, capable d'approvisionner non seulement son marché intérieur, mais aussi une partie de l'Afrique de l'Ouest.

En se tournant une nouvelle fois vers des partenaires étrangers, Abuja confirme une orientation stratégique qui est de miser sur des alliances internationales pour combler ses lacunes techniques et financières. La Chine, déjà très présente dans les infrastructures africaines, s'impose ainsi comme un acteur clé de cette nouvelle phase.

Publié le 05/05/26 09:41

Narcisse Angan

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