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Au Nigeria, Jim Ovia, fondateur de Zenith Bank, considère l’immobilier plus rentable que la banque

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Pendant plus de trois décennies, son nom a été intimement associé à l'essor du secteur bancaire nigérian. Aujourd'hui, Jim Ovia, fondateur de Zenith Bank, choisit un autre terrain de conquête : l'immobilier de luxe. À 74 ans, celui qui a transformé une jeune banque créée en 1990 en un géant financier pesant plus de 1 000 milliards de nairas (735 millions de dollars) de bénéfices en 2024 et 2025 affirme désormais sans détour que la pierre offre davantage de perspectives que la banque.

‘'L'immobilier est plus rentable que le secteur bancaire'', a déclaré Jim Ovia, cité par Bloomberg.

Cette affirmation, formulée par l'un des financiers les plus influents du continent, traduit la profonde mutation des opportunités d'investissement au Nigeria. Alors qu'il vient de quitter la présidence de Zenith Bank après 12 années à la tête du conseil d'administration, l'homme d'affaires concentre désormais ses ambitions sur le front de mer de Lagos, où ses projets résidentiels haut de gamme rencontrent un succès commercial remarquable.

Lagos, laboratoire d'une envolée immobilière exceptionnelle

Par l'intermédiaire de Quantum Luxury Properties, Jim Ovia développe actuellement Metropolitan Towers, un complexe résidentiel de 26 étages dont les appartements sont commercialisés à partir de 1,85 million de dollars. En parallèle, Quantum Luxury Towers propose 44 logements de prestige dont les prix démarrent à 2,8 millions de dollars, d'après des informations du média américain.

Ces nouveaux développements s'inscrivent dans la continuité des Civic Towers et du Civic Center, deux réalisations emblématiques déjà implantées sur les rives de la lagune de Lagos.

Le timing apparaît particulièrement favorable. Selon les données du cabinet Diya Fatimilehin & Co., les loyers dans les quartiers les plus recherchés de Lagos ont bondi de 51% entre 2024 et 2025. Dans un environnement marqué par la dépréciation du naira et des tensions inflationnistes persistantes, l'immobilier de luxe s'impose progressivement comme une valeur refuge privilégiée par les investisseurs fortunés.

Une pénurie de logements qui nourrit la hausse des prix

Derrière cette effervescence se cache une réalité structurelle : le Nigeria souffre d'un déficit de plus de 20 millions de logements. Cette insuffisance de l'offre alimente une pression continue sur les prix, du segment abordable jusqu'aux résidences les plus luxueuses.

Alors que le pays compte environ 240 millions d'habitants, dont environ un tiers vit sous le seuil international de pauvreté, la demande de logements demeure largement supérieure à l'offre disponible. Même les ménages les plus aisés doivent composer avec des infrastructures souvent défaillantes, notamment en matière d'électricité et d'approvisionnement en eau.

Pour les investisseurs, cette rareté constitue cependant un puissant moteur de valorisation des actifs immobiliers.

Une philosophie de gestion fondée sur la discipline

Le choix de Jim Ovia n'est pas le fruit du hasard. Ceux qui ont travaillé à ses côtés décrivent un dirigeant obsédé par la concentration sur les priorités essentielles.

‘'Quand on porte un éléphant sur la tête, on ne chasse pas les rats avec les jambes'', aimait-il rappeler.

Cette philosophie a profondément façonné la trajectoire de Zenith Bank. Lorsque la Banque centrale du Nigeria a imposé en 2010 une séparation entre les activités bancaires et non bancaires, plusieurs établissements ont adopté des structures de holding pour conserver leurs actifs diversifiés. Zenith a choisi une voie différente en cédant ces activités pour se recentrer sur son cœur de métier.

La banque s'est également distinguée par son refus de participer à la vague de fusions et acquisitions qui a remodelé le paysage bancaire africain. Elle a privilégié une croissance organique, construisant progressivement sa présence dans plusieurs pays tout en consolidant son leadership domestique.

De la finance à la pierre, un nouveau chapitre entrepreneurial

Le retrait de Jim Ovia de la gouvernance de Zenith Bank ne signifie pas pour autant un effacement du monde des affaires. Principal actionnaire individuel de l'établissement, il conserve un lien étroit avec l'institution qu'il a dirigée pendant près de 20 ans en tant que directeur général.

Mais son regard est désormais tourné vers d'autres horizons. Après avoir réalisé des investissements fructueux dans les télécommunications avec la cession de Visafone à MTN et dans la fintech avec son pari précoce sur Moniepoint, devenue une licorne technologique, le magnat nigérian entend consacrer l'essentiel de son temps à l'immobilier.

‘'Je vais me consacrer à l'immobilier à temps plein'', a-t-il affirmé.

Au-delà du parcours individuel de Jim Ovia, cette réorientation témoigne d'une conviction grandissante parmi les investisseurs africains. En effet, dans les économies caractérisées par une forte croissance démographique, une urbanisation accélérée et un déficit structurel de logements, la pierre pourrait offrir des perspectives de création de valeur supérieures à celles de nombreux secteurs traditionnels, y compris la banque.

Publié le 09/06/26 09:40

La Rédaction

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