L'Autorité nationale des communications du Ghana (NCA) a officiellement ouvert l'appel à candidatures pour l'attribution de licences du spectre 5G. L'appel porte sur des blocs stratégiques répartis dans les bandes de 700 MHz, 2,3 GHz et la bande moyenne des 3 GHz (3300-3400 MHz et 3600-3650 MHz).
Cette initiative régulatoire s'inscrit dans une restructuration en profondeur du secteur national des télécommunications. En effet, le régulateur ghanéen a formellement modifié la licence accordée à Next Gen Infraco Limited (NGIC), supprimant la clause d'exclusivité de gros attribuée à cette entité pour l'infrastructure 5G. Alors que l'échéance de juin 2025 fixée initialement pour le lancement commercial par NGIC n'avait pas été respectée, les autorités ghanéennes, sous l'impulsion du ministre des Communications, des Technologies numériques et de l'Innovation, Sam George, ont fait le choix de la concurrence. L'objectif affiché est d'instaurer un marché de gros dynamique susceptible de stimuler les investissements, d'améliorer la qualité de service et d'offrir une résilience accrue aux réseaux.
Sur le plan technique et sociétal, la 5G annonce l'aube d'une nouvelle ère où la connectivité va devenir de plus en plus fluide et flexible, à mesure que les réseaux 5G s'adapteront aux applications et que les performances seront modulées en fonction des besoins précis de l'utilisateur. Par sa très grande rapidité, sa haute fiabilité et sa latence réduite, la 5G favorise l'essor de nouveaux services (qui ne peuvent pas être pris en charge par les réseaux 4G existants) tels que l'Internet tactile, la réalité virtuelle augmentée, les voitures sans conducteur et l'automatisation industrielle.
L'ouverture du marché ghanéen s'intègre également dans une dynamique continentale à forte intensité. À ce jour, la technologie 5G est déjà commercialement déployée dans au moins 18 pays africains, incluant notamment l'Afrique du Sud, le Nigeria, le Kenya, le Sénégal et l'Égypte. Le Ghana s'apprête ainsi à rejoindre ce groupe d'ancrage, afin de répondre à une demande de consommation de données en constante expansion.
D'un point de vue économique, la procédure d'attribution orchestrée par la NCA repose sur des exigences strictes et structurées. Le document de consultation de 32 pages précise que le prix de réserve minimal (MRP) pour l'ensemble des lots mis en adjudication s'élève à 230 millions USD. Dans le détail, la bande des 700 MHz comprend 3 lots de 2x10 MHz valorisés chacun à 36 millions USD. Celle des 2,3 GHz propose 5 lots de 20 MHz à 10 millions USD l'unité, tandis que la bande des 3 GHz comprend 3 lots de 50 MHz commercialisés à un prix plancher de 24 millions USD par lot. En outre, une majoration asymétrique de 40 % sur le prix de réserve s'applique aux opérateurs occupant une position dominante sur le marché, préservant ainsi l'équité concurrentielle.
Sont éligibles les opérateurs de réseaux mobiles agréés (MNO), les opérateurs virtuels (MVNO), les fournisseurs d'accès Internet (ISP) ainsi que de nouveaux entrants détenus à 100 % par des citoyens ghanéens. Les licences, accordées pour une durée de 15 ans, imposent une obligation d'octroyer une couverture d'au moins 70 % de la population nationale d'ici le 6 mars 2027.
Anselme Akéko
Publié le 24/07/26 16:03
La Rédaction
SN
CEMAC