Le Ghana veut accélérer la transformation de son économie en projets concrets et susceptibles d'attirer des financements privés. Pour y parvenir, le pays s'appuiera sur un nouveau mécanisme doté initialement de 10 millions de dollars, destiné à financer la préparation de projets inscrits dans le programme ''24H+'', dont le portefeuille global est actuellement évalué à environ 11,5 milliards de dollars.
L'accord-cadre signé le 18 septembre au Caire associe la Banque africaine d'import-export (Afreximbank), le Fonds ghanéen d'investissement dans les infrastructures (GIIF) et l'Autorité ghanéenne de l'économie 24 heures sur 24. À travers ce partenariat, les deux institutions financières consacreront chacune 5 millions de dollars au financement des études et travaux nécessaires pour faire mûrir les projets avant leur recherche de capitaux.
L'enjeu porte notamment sur les difficultés qui empêchent certains projets d'accéder directement au financement. Les ressources mobilisées serviront ainsi à couvrir des prestations techniques, financières, juridiques et de conseil, afin de structurer les projets, d'évaluer leur viabilité et de les rendre suffisamment solides pour intéresser les investisseurs. Les projets retenus seront sélectionnés et hiérarchisés conjointement par les trois partenaires.
Le dispositif doit notamment permettre au Ghana de mieux exploiter les huit grands axes du programme " 24H+ ", une initiative portée par le secteur privé et centrée sur l'augmentation de la production nationale et des capacités d'exportation. Les secteurs ciblés vont de l'agriculture et de la transformation industrielle aux infrastructures, à la logistique, au tourisme, aux industries créatives, à la finance et au développement des compétences.
Dans la pratique, les premiers projets susceptibles de bénéficier du mécanisme pourraient concerner l'énergie et les infrastructures, les réseaux logistiques et numériques, les parcs industriels, la transformation agricole et manufacturière, ainsi que la valorisation des ressources minières. La santé, le tourisme et les industries créatives figurent également parmi les domaines couverts.
La répartition des rôles entre les partenaires doit permettre de couvrir différentes étapes de la préparation des investissements. L'Autorité de l'économie 24 heures sur 24 sera chargée de proposer les projets stratégiques et de coordonner les différentes administrations concernées. De son côté, le GIIF apportera sa connaissance du marché ghanéen et son expérience dans le développement et le financement des infrastructures. Afreximbank interviendra principalement sur la préparation des projets et la mobilisation des capitaux.
Le partenariat ne se limite toutefois pas au financement des études. Une partie du mécanisme est consacrée au renforcement des capacités du GIIF, avec des programmes de formation, des transferts de compétences et des détachements de personnel. L'objectif est de permettre à l'institution ghanéenne de développer davantage ses capacités internes pour identifier, structurer et accompagner des projets jusqu'à leur maturité financière.
Pour Afreximbank, ce dispositif doit contribuer à transformer les ambitions du programme " 24H+ " en investissements susceptibles de soutenir les exportations et la création d'emplois. Pour le GIIF, l'intérêt réside également dans la constitution progressive d'un portefeuille de projets suffisamment préparés pour mobiliser des capitaux privés au-delà des 10 millions de dollars engagés au titre de la préparation.
À terme, le Ghana entend ainsi utiliser ce mécanisme pour attirer des investissements plus importants dans ses infrastructures productives et ses secteurs exportateurs. Le dispositif s'inscrit également dans la stratégie du pays visant à renforcer sa capacité de production et son intégration au marché continental, notamment dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine.
Publié le 18/09/26 14:48
La Rédaction
SN
CEMAC