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Avec 21 370 tonnes importées pour 62,7 millions USD, la RDC s’impose comme un client clé des panneaux solaires chinois en 2026

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En mars 2026, la République démocratique du Congo s'est hissée parmi les principaux débouchés africains des panneaux solaires chinois. Selon des données douanières chinoises relayées par Reuters, le pays a importé 21 370 tonnes de panneaux pour une valeur de 62,73 millions de dollars sur le seul mois, contre 1 352 tonnes un an plus tôt. Cette progression spectaculaire s'inscrit dans un mouvement de constitution de stocks observé en Afrique et en Asie du Sud-Est, en anticipation d'une hausse attendue des prix.

Cette ruée vers les importations s'inscrit elle-même dans une dynamique mondiale marquée par une accélération des exportations chinoises. En mars, les volumes globaux ont atteint un niveau record de 1,75 million de tonnes, en hausse de 42,2 % sur un an, pour une valeur de 3,61 milliards de dollars. À lui seul, ce volume représente déjà 13,3 % des exportations totales enregistrées sur l'ensemble de l'année 2025.

Deux facteurs principaux expliquent cette accélération. D'une part, la suppression des remboursements de taxes à l'exportation en Chine à compter du 1er avril a incité les importateurs à anticiper leurs achats. D'autre part, les tensions géopolitiques autour de l'Iran ont renforcé la demande pour des solutions énergétiques alternatives, notamment dans les pays dépendants des importations d'hydrocarbures.

Dans ce contexte, l'Afrique apparaît comme l'un des principaux bénéficiaires de ce redéploiement des flux commerciaux. Les importations du continent ont ainsi bondi de 238 % sur un an pour atteindre 438,28 millions de dollars en mars. La République démocratique du Congo figure parmi les marchés les plus dynamiques, aux côtés de plusieurs pays d'Asie du Sud-Est.

Selon Reuters, cette réorientation vers l'Afrique intervient alors que certains marchés traditionnels, comme les États-Unis ou l'Inde, restent contraints par des barrières tarifaires. Ce basculement profite à des économies confrontées à un déficit énergétique structurel, à l'image de la RDC, où le taux d'accès à l'électricité demeure faible.

Cette dynamique d'importation se traduit déjà sur le terrain par une accélération des projets énergétiques. Dans le complexe minier de Kamoa-Kakula, développé par Kamoa Copper, une centrale solaire couplée à des batteries est en cours de déploiement par CrossBoundary Energy. Le projet prévoit une capacité photovoltaïque de 233 MWc et un système de stockage de 526 MWh, avec une fourniture annoncée de 30 MW en continu et une production annuelle estimée à 300 000 MWh.

Parallèlement, dans la province du Lualaba, un autre projet porté par des entreprises chinoises prévoit la construction d'un microréseau solaire de 76 MWc, associé à 100 MWh de stockage, pour un coût estimé à 15 millions de dollars. Cette installation vise à sécuriser l'alimentation électrique des activités minières autour de Kolwezi, où la dépendance aux générateurs diesel reste élevée.

Au-delà de ces projets, ces investissements répondent à une contrainte structurelle majeure. Dans un pays où l'accès à l'électricité demeure limité et où le réseau national reste instable, les opérateurs industriels comme les acteurs locaux s'orientent de plus en plus vers des solutions énergétiques décentralisées, perçues comme plus fiables et rapidement déployables.

 

Perton Biyiha

 

Publié le 22/04/26 15:52

La Rédaction

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