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RDC : la pénurie d’acide sulfurique pourrait amputer l’offre de cuivre de 125 000 tonnes en 2026

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Les perturbations affectant l'approvisionnement en intrants chimiques essentiels à l'industrie minière pourraient peser directement sur la production de cuivre en République démocratique du Congo en 2026. Selon une analyse de Goldman Sachs relayée par Reuters, les difficultés d'accès au soufre et à l'acide sulfurique, exacerbées par les tensions géopolitiques et certaines restrictions commerciales, devraient entraîner une contraction significative des volumes produits.

Dans ce scénario, la banque précise que " les entreprises en RDC disposent encore de deux à trois mois de stocks, mais si les retards dans la chaîne d'approvisionnement se prolongent au-delà de la fin mai et durant le mois de juin, le pays pourrait réduire sa production d'environ 125 000 tonnes en 2026 ". Cette projection s'inscrit dans un contexte plus large de désorganisation des flux logistiques mondiaux, notamment dans le détroit d'Ormuz, combinée à la décision de la Chine d'interdire les exportations d'acide sulfurique à partir du 1er mai.

Ces tensions touchent un maillon critique du processus de production. Comme le souligne Reuters, " le soufre et l'acide sulfurique sont des intrants clés pour l'extraction par solvant et l'électrolyse (SX-EW), un procédé qui représente 17 % de l'offre mondiale de cuivre ". Cette dépendance accrue à ces produits expose directement les sites industriels congolais à des ruptures de cadence en cas de perturbation prolongée.

Les données logistiques consultées par l'agence témoignent déjà d'un resserrement des approvisionnements. Au premier trimestre 2026, les importations de soufre ont reculé à environ 368 500 tonnes, contre plus de 414 000 tonnes un an plus tôt. La contraction est encore plus marquée pour l'acide sulfurique et la soude caustique, dont les volumes sont passés respectivement d'environ 113 000 tonnes à 29 200 tonnes, et de 7 300 tonnes à 3 900 tonnes.

Cette pression sur les intrants intervient alors que les opérateurs miniers font déjà face à des contraintes opérationnelles croissantes. Reuters rapporte ainsi que " les sociétés minières en RDC rencontrent des difficultés pour accéder aux produits chimiques essentiels au traitement du cuivre et du cobalt ", une situation qui conduit certains acteurs à adapter leurs procédés ou à ralentir leur production.

Une baisse partiellement compensée par la demande mondiale

Malgré cette perspective de recul de l'offre congolaise, l'équilibre global du marché pourrait rester orienté vers un excédent. Goldman Sachs maintient en effet sa prévision d'un surplus de 490 000 tonnes en 2026, estimant que " cette réduction serait toutefois compensée par une baisse de la demande de cuivre de 140 000 tonnes, résultant d'une croissance mondiale plus faible dans le scénario défavorable ".

Dans ce contexte, la RDC, deuxième producteur mondial de cuivre, demeure un acteur central des chaînes d'approvisionnement liées aux technologies bas carbone. Toutefois, les évolutions observées en ce début d'année traduisent déjà une inflexion. Les exportations ont reculé de 14,6 % au premier trimestre, pour s'établir à environ 955 000 tonnes, contre près de 1,09 million de tonnes un an plus tôt, selon des données relayées par Reuters.

Cette dynamique contraste avec celle du cobalt, dont les expéditions repartent à la hausse après plusieurs mois de gel, bien qu'elles demeurent inférieures aux niveaux exceptionnellement élevés observés au début de l'année 2025.

 

Perton Biyiha

Publié le 22/04/26 15:58

La Rédaction

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