Des centaines de visas annulés sur trois continents, des sociétés spécialisées démasquées, des fraudeurs bannis à vie du territoire américain. Le département d'État des États-Unis mène depuis plusieurs mois une offensive mondiale contre un commerce discret mais florissant, celui qui consiste à faire venir des femmes enceintes étrangères pour qu'elles accouchent sur le sol américain et que leurs enfants décrochent automatiquement la nationalité du pays. Une pratique que Washington qualifie d'abus pur et simple, rappelant qu'aucun étranger n'a le droit d'obtenir un visa de visiteur dans le seul but d'offrir un passeport américain à son nouveau-né.
C'est en Europe que le réseau s'est révélé le plus dense. Une ambassade américaine y a repéré plus de 400 cas suspects depuis 2024, dont la piste a conduit les enquêteurs jusqu'à au moins six entreprises organisées comme de véritables agences. Elles entraînaient leurs clients aux questions des entretiens consulaires, leur réservaient un logement aux États-Unis et planifiaient jusqu'au déroulé de l'accouchement. Tous les visas en cause ont été révoqués et plusieurs organisateurs se sont vu fermer définitivement les portes de l'Amérique.
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En Afrique de l'Ouest, une autre ambassade a mis la main sur une filière sophistiquée réunissant plus d'une centaine de ressortissants étrangers. Faux documents et intermédiaires véreux, surnommés ''fixers'', permettaient à ces candidats d'arracher des visas par la tromperie. Les autorités américaines ont fait tomber le réseau, annulé les visas et noué une coopération avec les autorités locales pour traquer d'éventuelles ramifications.
L'Afrique du Nord figure elle aussi sur la carte de cette traque. Une ambassade y a retiré plus de cent visas accordés à des parents venus avant tout pour accoucher aux États-Unis. Le croisement du travail des agents consulaires, des services de police et de l'analyse de données a permis de démasquer plusieurs réseaux et de les neutraliser.
Le département d'État assure que l'opération se déploie aux quatre coins du globe. Un visa américain reste un privilège et non un droit, martèle l'administration, bien décidée à poursuivre le démantèlement de ces filières et à faire payer ceux qui cherchent à détourner les règles de l'immigration américaine.
Fanuelle YAO
Publié le 11/06/26 17:42
La Rédaction
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