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Nigéria : Un fonds de 1 milliard USD pour accélérer les exportations dans le cadre de la ZLECAf

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Le Nigeria annonce l'ouverture d'un mécanisme de crédit adossé au Fonds d'ajustement de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), doté d'un milliard de dollars, soit 568 milliards FCFA, destiné à renforcer la compétitivité des entreprises africaines et à stimuler le commerce intra-africain. Cette initiative, dévoilée ce 9 juin, lors de la réunion du deuxième trimestre 2026 du comité central de coordination de la ZLECAf à Abuja, s'inscrit dans la volonté des autorités nigérianes de faire des exportations non pétrolières un moteur de croissance durable pour la première économie du continent.

La ministre de l'Industrie, du Commerce et de l'Investissement nigerian, Jumoke Oduwole, a présenté ce dispositif comme une opportunité majeure pour les entreprises souhaitant accroître leur production, moderniser leurs outils industriels et conquérir de nouveaux marchés africains. Selon elle, ce mécanisme de financement permettra aux entreprises éligibles de renforcer leur capacité productive, tout en améliorant leur compétitivité dans un marché continental désormais ouvert à plus de 1,4 milliard de consommateurs. ‘'Le gouvernement fédéral réaffirme son engagement à accélérer le programme de croissance du Nigéria axé sur les exportations dans le cadre de la ZLECAf'', a-t-elle déclaré, soulignant que ce fonds constitue un instrument stratégique pour soutenir l'intégration économique africaine.

Les détails du mécanisme ont été précisés par Patience Okala, coordinatrice nationale et directrice générale du Bureau de coordination de la ZLECAf au Nigéria. Selon elle, le fonds de 1 milliard de dollars vise principalement les entreprises africaines disposant d'une capacité de financement minimale de 10 millions de dollars. Les autorités nigérianes travaillent déjà avec les gestionnaires du fonds afin de faciliter l'accès des entreprises nationales à cette enveloppe et ont lancé la constitution d'un groupe pilote d'entreprises susceptibles d'en bénéficier. Cette démarche vise à permettre au Nigéria de capter une part significative des ressources disponibles et de consolider sa position parmi les principaux bénéficiaires des opportunités offertes par la ZLECAf.

Malgré les avancées enregistrées depuis le lancement des échanges commerciaux de la ZLECAf en 2021 et l'entrée effective du Nigéria dans l'Initiative de commerce guidé en 2024, de nombreux défis continuent de freiner les exportateurs. Les entreprises nigérianes restent confrontées à des difficultés liées à la documentation des exportations, à la certification, au respect des normes techniques, à l'accès aux marchés et au financement du commerce. Pour y remédier, le gouvernement a engagé plusieurs réformes visant à simplifier les procédures commerciales, renforcer l'accompagnement des entreprises et améliorer la coordination avec les services douaniers ainsi qu'avec le Conseil nigérian de promotion des exportations.

Les autorités ont également accéléré la digitalisation des formalités administratives. L'enregistrement des exportateurs est désormais entièrement numérisé, permettant aux entreprises d'obtenir plus facilement les certifications nécessaires et d'accéder aux dispositifs publics de soutien aux exportations.

Le Nigéria veut devenir un leader du commerce africain

Au-delà du financement, Abuja entend renforcer son rôle dans l'intégration économique du continent. La ministre Jumoke Oduwole a plaidé pour l'intégration rapide des principaux protocoles de la ZLECAf dans le cadre réglementaire national, notamment celui relatif au commerce numérique. Cette orientation vise à positionner le pays comme un acteur de premier plan de l'économie numérique africaine, un secteur appelé à jouer un rôle croissant dans les échanges intra-africains.

Parallèlement, le gouvernement met en avant plusieurs avancées récentes, dont l'extension du corridor de fret aérien nigérian vers le Rwanda, le renforcement de la coopération avec le secteur privé et les partenaires au développement, ainsi que l'intensification des campagnes de sensibilisation auprès des entreprises. À Kano, l'une de ces initiatives a déjà permis de mobiliser plus de 470 entreprises, dont un nombre important dirigé par des femmes, illustrant la volonté des autorités d'élargir l'accès aux opportunités offertes par la ZLECAf.

Diversifier l'économie au-delà du pétrole

Pour le Nigéria, ce fonds d'ajustement représente bien plus qu'un simple instrument financier. Il constitue un levier pour accélérer la transformation structurelle de l'économie en réduisant sa dépendance aux hydrocarbures. Les autorités considèrent en effet la ZLECAf comme une occasion unique d'accroître les exportations non pétrolières, d'intégrer davantage les industriels nigérians aux chaînes de valeur régionales et continentales, d'attirer les investissements et de créer des emplois.

Avec cette enveloppe de 1 milliard de dollars, Abuja espère ainsi donner un nouvel élan à son secteur exportateur et renforcer la place du Nigéria dans la construction du plus vaste marché de libre-échange au monde, qui regroupe aujourd'hui 54 pays africains et représente un PIB combiné de plus de 3 000 milliards de dollars.

Publié le 11/06/26 13:54

Narcisse Angan

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