Bienvenu ESSE, Directeur Général des Hydrocarbures " Le secteur pétrolier est inscrit dans une bonne dynamique "

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Bienvenu ESSE, Directeur Général des Hydrocarbures : 

Le secteur pétrolier est inscrit dans une bonne dynamique 

La Côte d'Ivoire connaît une transformation accélérée de son secteur pétrolier, portée par des découvertes majeures, une production en forte croissance et une politique de contenu local en plein déploiement. Bienvenu ESSE, Directeur Général des Hydrocarbures au ministère des Mines, du Pétrole et de l'Energies, fait un tour d'horizon d'un secteur en pleine effervescence.

La Côte d'Ivoire a connu ces dernières années une accélération notable de sa production pétrolière, notamment avec la mise en exploitation du gisement Baleine et la découverte prometteuse de Calao. Pourriez-vous dresser un bilan global des avancées enregistrées depuis 2022 en matière d'exploitation et de production, en précisant les volumes produits, les blocs actifs ; ainsi que l'impact concret sur les recettes publiques et la sécurité énergétique nationale ?

Depuis 2022, la Côte d'Ivoire connaît une dynamique exceptionnelle en matière de production pétrolière et gazière, portée par la découverte et la mise en production du gisement Baleine (blocs CI-101 & CI-802), opéré par ENI Côte d'Ivoire et son partenaire PETROCI Holding.

En 2022, la production nationale moyenne journalière était de 25 000 barils de pétrole brut par jour (bbl/j) et 247 millions de pieds cubes par jour (mmpcj) de gaz naturel. En 2023, avec l'entrée en production de la première phase de développement du champ Baleine au mois d'octobre, les productions nationales de pétrole brut et de gaz naturel ont connu des hausses significatives. Ainsi, la production du champ Baleine est passé de 17 000 bbl/j en 2023 à 22 000 bbl/j en 2024, contribuant à une progression d'environ 53 % de la production nationale de pétrole brut avec 44 500 bbl/j.

La seconde phase de développement permet au champ Baleine de produire 60 000 bbl/j de pétrole brut depuis le second trimestre 2025, niveau que la production nationale n'avait pas atteint depuis 2 décennies

Fin décembre 2024, ENI et PETROCI ont démarré la production de la phase 2 du projet Baleine. Cette seconde phase de développement permet au champ Baleine de produire 60 000 bbl/j de pétrole brut depuis le second trimestre 2025, niveau que la production nationale n'avait pas atteint depuis 2 décennies. Quant au gaz naturel, la production de Baleine a atteint 80 mmpcj, ouvrant de belles perspectives pour la sécurisation de l'approvisionnement en gaz naturel du secteur de l'électricité. Ces résultats encourageants contribuent à affiner les études relatives au développement complet du gisement qui permettra de produire, à l'horizon 2030, 150 000 bbl/j de pétrole brut et 200 mmpcj de gaz naturel.

La production de Baleine en gaz naturel ouvre de belles perspectives pour la sécurisation de l'approvisionnement en gaz naturel du secteur de l'électricité. 

Cette performance, combinée à la découverte du gisement Calao (bloc CI-205) par ENI et PETROCI, ainsi que les perspectives de développement des gisements déjà découverts, notamment Paon, renforcent l'attractivité du bassin sédimentaire ivoirien. Ainsi, en plus de la quinzaine de blocs en exploration, plusieurs blocs font l'objet de manifestation d'intérêt. En effet, suite à la campagne de promotion du bassin sédimentaire ivoirien conduite par Monsieur le Ministre des Mines, du Pétrole et de l'Energie aux Etats-Unis en mars 2025, 10 blocs pétroliers ont été sollicités par un major pétrolier de renommée mondiale. 

En plus de la quinzaine de blocs en exploration, plusieurs blocs font l'objet de manifestation d'intérêt. 

En termes d'impacts, ces performances du secteur pétrolier permettront de créer des milliers d'emplois directs et indirects et contribueront à renforcer la sécurité énergétique nationale, en particulier l'approvisionnement du secteur de l'électricité en gaz naturel. Il est indéniable que la vision du gouvernement de faire des ressources extractives le levier d'une nouvelle phase de croissance est bel et bien une réalité.

La loi de juin 2022 relative au contenu local vise à maximiser les retombés économiques et sociales de l'exploitation des hydrocarbures pour les Ivoiriens. Concrètement, quels progrès ont été réalisés à ce jour dans l'intégration des entreprises locales, la formation de la main-d'œuvre nationale et participation de PETROCI dans les blocs actifs ? Disposez-vous d'indicateurs chiffrés ou d'exemples concrets pour illustrer l'efficacité de cette politique ?

Depuis la mise en place de la loi sur le contenu local dont la fin de la période transitoire est survenue le 24 janvier 2025, plusieurs avancées significatives ont pu être enregistrées, notamment en ce qui concerne l'intégration des entreprises ivoiriennes.

Beaucoup reste à faire, c'est vrai, mais des avancées sont perceptibles. Déjà lors du SIREXE (Salon International des Ressources Extractives et Énergétiques) tenu fin novembre 2024, le président du Groupement des entreprises ivoiriennes intervenant dans le secteur pétrolier et gazier a révélé que " leurs entreprises semblent être devenues plus belles ". Pourquoi ? Parce qu'elles sont sollicitées par des multinationales pour la signature d'accord de partenariat.

Avec le contenu local, certaines activités ne peuvent être exécutées par les multinationales que si elles ont établi des accords de partenariat avec des entreprises ivoiriennes. 

En effet, avec le contenu local, certaines activités ne peuvent être exécutées par les multinationales que si elles ont établi des accords de partenariat avec des entreprises ivoiriennes. Ainsi, il a par exemple été enregistré vingt-quatre (24) accords de partenariat entre des multinationales étrangères et des entreprises ivoiriennes ; ce qui n'était pas envisageable jusqu'à très récemment. Ces accords permettront de développer les capacités desdites entreprises ivoiriennes à travers des transferts de compétences et de technologies.

24 accords de partenariat ont été signés lors du SIREXE entre des multinationales étrangères et des entreprises ivoiriennes ; ce qui n'était pas envisageable jusqu'à très récemment. 

Par ailleurs, le contenu local a dédié certains marchés aux entreprises ivoiriennes et a instauré le principe de la priorité en faveur de ces dernières. Ainsi, les entreprises ivoiriennes commencent à remporter de plus en plus de marchés dans le secteur pétrolier et gazier, même en ce qui concerne les marchés attribués au gré à gré. En effet, environ 25% des marchés au gré à gré ont été accordés à des entreprises ivoiriennes par les sociétés pétrolières et leurs sous-traitants.

Les firmes pétrolières ont mis en place 67 programmes de formation destinés au renforcement des capacités des ressources humaines locales. 

Concernant la formation de la main d'œuvre nationale, il est important de noter que les entreprises intervenant dans les activités pétrolières et gazières ont l'obligation de recruter le personnel ivoirien et de le former pour lui permettre d'occuper tous les niveaux de postes. Elles peuvent aussi, bien entendu, recruter du personnel non ivoirien. Dans ce cas, elles doivent mettre en place des plans de formation au profit de...

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La Rédaction

Publié le 20/01/26 09:48

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