Le groupe de la Banque africaine de développement (BAD) renforce son soutien aux réformes fiscales en Afrique de l'Ouest. L'institution a signé un accord de don de 5,52 millions de dollars, soit 3 milliards FCFA, avec le Forum des administrations fiscales ouest-africaines (FAFOA), afin de lancer un ambitieux Projet de renforcement des capacités de l'administration fiscale en Afrique de l'Ouest (STACP-WA).
Financé par la Facilité d'appui à la transition du Fonds africain de développement (FAD), le guichet concessionnel de la BAD, ce programme régional vise à améliorer la mobilisation des recettes intérieures, un enjeu crucial pour la soutenabilité budgétaire et le financement du développement dans la sous-région. L'accord a été signé par Abdul B. Kamara, directeur général du Groupe de la Banque africaine de développement pour le Nigeria, et Jules Tapsoba, secrétaire exécutif du FAFOA, d'après un communiqué de la BAD publié ce 11 mars. À travers cette initiative, les deux institutions entendent contribuer à la mise en place de systèmes fiscaux plus robustes, transparents et résilients.
Le projet prévoit notamment de moderniser les administrations fiscales et douanières, d'améliorer le contrôle des recettes issues des ressources naturelles et de doter les États participants d'outils techniques pour lutter contre les fuites fiscales et les flux financiers illicites. Le projet ciblera principalement six pays d'Afrique de l'Ouest, à savoir le Burkina Faso, la Guinée, la Guinée-Bissau, la Gambie, le Liberia et la Sierra Leone. Le FAFOA assurera la mise en œuvre opérationnelle du programme, avec l'appui technique de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et du Nigeria Revenue Service. Au-delà de ces pays, les plateformes régionales, outils et connaissances générés par le projet devraient également bénéficier aux autres administrations fiscales de la région.
Le projet STACP-WA repose sur une approche combinant analyses économiques, assistance technique, innovations numériques et dialogue politique, afin d'aligner les systèmes fiscaux nationaux sur les normes régionales et internationales. Parmi les principaux dispositifs prévus figurent une boîte à outils régionale de facturation électronique, des modules de formation alignés sur la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), des outils avancés d'analyse des prix de transfert, destinés à mieux contrôler les multinationales du secteur extractif, ainsi qu'une plateforme ouest-africaine de soutien aux jeunes chercheurs spécialisés en fiscalité. Le programme prévoit également un appui ciblé à certains pays dans des domaines clés comme la mise en œuvre de la TVA, l'évaluation douanière, la gouvernance du secteur minier ou encore l'intégration de la dimension genre dans les politiques fiscales.
Un jalon pour la coopération fiscale régionale
Pour le FAFOA, ce projet marque une étape importante dans son évolution institutionnelle. Il s'agit en effet du premier programme régional d'administration fiscale financé par la Banque africaine de développement et mis en œuvre par l'organisation. La mise en œuvre du programme sera assurée par une unité dédiée au sein du FAFOA, sous la supervision d'un comité de pilotage multipartite réunissant la CEDEAO, les autorités fiscales nationales et la direction du Forum. Le projet s'étendra jusqu'au 30 juillet 2030 et mettra l'accent sur le renforcement institutionnel et la durabilité des réformes.
Pour la Banque africaine de développement, cette initiative s'inscrit dans une stratégie plus large visant à aider les pays africains à renforcer la gouvernance financière, améliorer la mobilisation des ressources domestiques et réduire leur dépendance aux financements extérieurs. Dans un contexte marqué par des besoins croissants en financement du développement, la consolidation des administrations fiscales apparaît ainsi comme un levier central pour soutenir la transformation économique de l'Afrique de l'Ouest.
Publié le 12/03/26 14:28
Narcisse Angan
SN
CEMAC