Les places financières majeures de l'Afrique de l'Ouest et de l'Afrique de l'Est renforcent leurs infrastructures technologiques et élargissent leurs gammes d'instruments d'investissement. Au Nigeria comme au Kenya, les instances de régulation et les opérateurs de marchés adaptent leurs modèles économiques aux actifs numériques et aux nouvelles thématiques technologiques afin de capter des flux de capitaux locaux et d'élargir le socle des investisseurs.
À Lagos, la bourse de gré à gré NASD s'apprête à organiser la première émission publique de titres financiers tokenisés (ou actions numériques) du pays. Ce mécanisme s'adresse directement aux petites et moyennes entreprises nigérianes, un tissu de près de 40 millions de structures dont seulement 4% parviennent à obtenir un crédit bancaire classique. En divisant les titres en fractions numériques, la plateforme abaisse le coût d'entrée pour les particuliers et accélère le règlement-livraison. La démarche s'inscrit dans un contexte d'expansion pour la NASD, dont la capitalisation s'est établie à 2 120 milliards de nairas, soit environ 1,55 milliard USD, après avoir fait plus que doubler en un an.
À Nairobi, la bourse des valeurs prépare le lancement du premier fonds indiciel coté d'Afrique de l'Est dédié à l'IA. Le projet intervient alors que le marché kényan affiche une hausse de plus de 30% depuis le début de l'année, portée par de solides résultats d'entreprises. Cette performance a porté la valorisation globale du marché des actions à un niveau record de 4 000 milliards de shillings, soit 30,95 milliards USD, la direction visant la barre des 5 000 milliards de shillings d'ici la clôture de l'exercice.
Ces initiatives s'appuient sur une dynamique démographique favorable et sur la numérisation des services financiers. Au Nigeria, où plus de 60% de la population est âgée de moins de 30 ans, l'engouement pour les outils virtuels pousse à la modernisation des cadres boursiers. Au Kenya, l'intégration du courtage d'actions sur l'application de paiement mobile M-Pesa a permis de recruter un million de nouveaux investisseurs en l'espace de quelques mois, confirmant l'appétit de cette clientèle pour des placements accessibles depuis un smartphone.
L'essor de ces nouveaux instruments s'accompagne d'ajustements juridiques ciblés. Le Nigeria a renforcé son dispositif législatif pour conférer au gendarme boursier un pouvoir explicite sur les valeurs virtuelles, tandis que le Kenya prépare un cadre réglementaire dédié aux actifs numériques. Ces réformes conjointes visent à encadrer la volatilité potentielle de ces produits tout en stimulant la liquidité des marchés régionaux.
Anselme Akéko
Publié le 06/08/26 16:19
La Rédaction
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