Le Cameroun accélère la mise en œuvre de son programme de privatisations partielles de certaines de ses entreprises publiques sur le marché financier régional. Après Aéroports du Cameroun (ADC), qui est à un pas de son entrée à la Bourse des valeurs mobilières de l'Afrique centrale (BVMAC), la Cameroon Hotels Corporation (CHC), propriétaire de l'hôtel Hilton de Yaoundé, s'engage à son tour sur cette voie. L'entreprise publique, détenue à 95,6 % par l'État, a lancé un appel à candidatures, ouvert jusqu'au 18 septembre 2026, pour recruter les sociétés de bourse chargées d'évaluer sa conformité aux exigences du marché régional et de structurer l'opération, selon des informations révélées par la Chaîne de radio-télévision camerounaise (CRTV).
Diagnostic de conformité, prospectus, puis introduction
La démarche engagée par la CHC intervient alors qu'ADC est déjà à un stade beaucoup plus avancé. Réunis le 24 juin 2026 à Kribi, les responsables de la BVMAC, les membres du conseil d'administration et de l'assemblée générale d'ADC, ainsi que les sociétés de bourse et les cabinets Deloitte & Touche, NYA & Co et SDB Emerald Securities Services Bourse S.A., ont dressé le bilan des étapes franchies en vue de l'admission de l'entreprise sur le compartiment premium de la BVMAC.
En amont, ADC a fait l'objet d'un diagnostic de conformité au regard des exigences de la Commission de surveillance du marché financier de l'Afrique centrale (Cosumaf) et de la BVMAC. L'évaluation a notamment porté sur sa gouvernance, son organisation financière et ses infrastructures. Cette première étape a permis d'identifier les ajustements nécessaires avant la préparation de l'opération.
Un pool d'experts et de banques d'affaires agréées a ensuite été mobilisé pour accompagner financièrement l'opération. Le processus s'est poursuivi avec la structuration juridique et technique du dossier ainsi que la préparation des documents réglementaires, notamment le prospectus d'émission. À ce stade, il ne reste plus que les dernières formalités avant l'introduction officielle sur le marché, qui permettra d'ouvrir le capital de l'entreprise aux investisseurs institutionnels et au grand public.
Le lancement de la procédure pour la CHC marque ainsi une nouvelle étape dans ce programme de privatisations partielles. Il intervient surtout alors que la première vague d'opérations, annoncée fin 2024, concernait quatre entreprises publiques : la Sodecoton, le Port autonome de Douala (PAD), ADC et la CHC. Près de deux ans plus tard, aucune de ces opérations n'a encore officiellement abouti.
La progression simultanée d'ADC et de la CHC pourrait toutefois contribuer à relancer un chantier qui reste, jusqu'ici, largement virtuel au Cameroun. Si les dernières formalités d'ADC aboutissent dans les prochains mois, l'entreprise deviendrait la première société publique camerounaise cotée à la BVMAC. Son opération pourrait alors servir de précédent pour les autres entreprises retenues dans le programme, dont la CHC.
Au-delà du cas camerounais, ce processus s'inscrit dans un engagement plus ancien pris en 2019 par les six États de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC), après l'unification du marché financier régional. Le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale, la République centrafricaine et le Tchad s'étaient alors engagés à ouvrir le capital de plusieurs entreprises publiques à la BVMAC.
Sur les 17 entreprises publiques identifiées dans cinq pays de la sous-région, seules deux ont depuis été effectivement introduites en Bourse : la Société commerciale gabonaise de réassurance (SCG-Ré), au Gabon, et Bange Bank, en Guinée équatoriale, selon les données des régulateurs.
Claude Paul Tjeg
Publié le 15/09/26 13:24
La Rédaction
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