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BVMAC : Le litige juridique qui retarde la deuxième introduction d’une microfinance à la Bourse

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Renaprov Finance devra encore convaincre la Bourse régionale d'Afrique centrale avant de pouvoir faire ses premiers pas sur le marché financier. Cette institution camerounaise de microfinance, spécialisée dans les prêts aux commerçants, aux artisans et aux petites entreprises, veut devenir la deuxième microfinance de l'histoire à être cotée à la Bourse des valeurs mobilières de l'Afrique centrale (BVMAC). Mais son projet d'introduction en Bourse reste suspendu aux réponses qu'elle doit apporter aux autorités du marché.

Dans un communiqué publié le 30 septembre 2026, Renaprov a notamment précisé la valeur du terrain au cœur d'un litige judiciaire qui avait conduit la BVMAC à bloquer provisoirement son introduction. L'établissement affirme que ce contentieux ne présente qu'un risque financier limité pour l'entreprise. " Le bien litigieux est inscrit dans le bilan certifié de 2025 à sa valeur d'acquisition de 55 millions de FCFA en 2011, sans réévaluation ", indique-t-il. Renaprov affirme également avoir " déjà connu plusieurs décisions de justice prononcées en faveur de RENAPROV Finance SA ", tout en précisant que la procédure se poursuit.

Selon l'établissement, une issue défavorable " n'affecterait que très marginalement la situation patrimoniale de RENAPROV Finance SA ". Ces explications ne lèvent toutefois pas toutes les interrogations soulevées par la BVMAC. Renaprov ne précise notamment ni le montant réclamé par la partie adverse, ni la valeur actuelle du terrain, ni les éventuels coûts liés à la procédure.

Au-delà du risque financier présenté comme limité par l'établissement, le différend soulève surtout une question relative à l'information communiquée aux investisseurs. Dans son prospectus, le document destiné à présenter l'opération au public, Renaprov écrivait à la page 64 n'avoir " pas enregistré de contentieux ou de litiges, sous toutes réserves ". Le communiqué du 30 septembre confirme désormais l'existence de ce litige, mais n'explique pas pourquoi cette affaire ne figurait pas dans le prospectus, ni à quelle date l'établissement en avait eu connaissance.

Des actions enregistrées, mais toujours pas cotées

Renaprov cherche à y faire coter les actions émises dans le cadre d'une augmentation de capital. La première phase de l'opération avait permis de recueillir 1,1 milliard de FCFA auprès des investisseurs, pour 52 019 actions vendues à 21 000 FCFA chacune. Ces titres ont été enregistrés le 30 juin 2026 auprès du Dépositaire central unique de la CEMAC, l'infrastructure chargée notamment de la conservation et de la circulation des titres financiers dans la région.

Cet enregistrement constitue une étape du processus, mais il ne signifie pas que les actions sont déjà négociables en Bourse. Leur cotation reste subordonnée à l'autorisation de la BVMAC. Au 30 septembre, le marché comptait sept émetteurs sur son compartiment actions, sans Renaprov.

Le Comité d'admission de la BVMAC avait décidé, le 5 août, de " ne pas autoriser en l'état " l'introduction de la microfinance camerounaise. Outre le litige foncier, le comité avait demandé des explications sur " l'agrément du Commissaire aux Comptes " ayant certifié les comptes présentés pour l'opération.

Une réunion entre Renaprov et la BVMAC s'est tenue le 17 septembre à Douala. Depuis cette rencontre, l'entreprise affirme qu'une nouvelle étape de son admission est proche. Aucune date de première cotation n'a cependant été annoncée à ce stade.

Si le processus aboutit, Renaprov deviendra seulement le deuxième établissement de microfinance à avoir été introduit sur le compartiment actions de la BVMAC. Le précédent est La Régionale d'Épargne et de Crédit, qui avait fait son entrée en Bourse en juillet 2021 après avoir levé environ 2,6 milliards de FCFA. L'établissement a depuis obtenu un agrément bancaire et exerce désormais sous le nom de La Régionale Bank. Il n'est donc plus, aujourd'hui, une institution de microfinance.

Claude Paul Tjeg

Publié le 01/10/26 14:26

La Rédaction

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