La République du Congo pourrait enregistrer l'une des accélérations économiques les plus marquées de la CEMAC en 2026. La BEAC table, dans son scénario de base, sur une croissance réelle de 5,1%, après 4,9% en 2025. Le principal moteur serait le secteur pétrolier, attendu en hausse de 10,1%, contre 5,1% l'année précédente. Cette progression permettrait à l'économie congolaise de croître sensiblement plus vite que la moyenne régionale, prévue à 3%.
Le secteur non pétrolier progresserait pour sa part de 3,1%, après 4,8% en 2025. La banque centrale relève déjà que les activités parapétrolières et gazières ont bénéficié de nouveaux investissements, même si les difficultés d'approvisionnement énergétique et les contraintes logistiques continuent de peser sur les coûts et la rentabilité des entreprises. Cette configuration donne au secteur extractif un rôle encore central dans la reprise. Elle pose aussi la question de la capacité des autres activités à maintenir leur rythme lorsque l'effet pétrolier se normalisera.
Le gaz constitue un autre ressort important. Dans son rapport, la BEAC indique que l'augmentation attendue de la production régionale de gaz en 2026 serait particulièrement soutenue par le Congo et le Gabon. Elle note également que la progression des exportations de gaz naturel liquéfié congolais a déjà contribué à soutenir les entrées de devises dans la CEMAC. Pour Brazzaville, le gaz devient ainsi un relais complémentaire du pétrole dans la génération de recettes d'exportation et l'amélioration de la position extérieure.
La situation des finances publiques resterait toutefois exigeante. La dette totale du Congo est évaluée à 77,3% du PIB en 2026, contre 84,3% en 2025. La seule dette extérieure représenterait 33,9% du PIB et son service absorberait l'équivalent de 34% des recettes budgétaires, contre 18,6% en 2025. La forte croissance attendue réduit donc certains ratios, mais elle ne fait pas disparaître la contrainte du service de la dette sur les finances publiques.
La reprise attendue du PIB ne se reflète d'ailleurs pas encore totalement dans le crédit bancaire. À fin juin 2026, les crédits à l'économie congolaise ressortaient à 1 638,2 milliards FCFA, contre 1 701,5 milliards un an auparavant, soit une baisse de 3,7%. Les crédits à moyen terme reculaient de 12,1% et ceux à long terme de 12,7%. La croissance anticipée repose donc, à ce stade, davantage sur l'appareil extractif et les investissements associés que sur une expansion généralisée du financement bancaire aux entreprises et aux ménages.
Idrissa Diakité
Publié le 02/10/26 11:36
La Rédaction
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CEMAC