Le Cameroun, à travers la Société nationale des hydrocarbures (SNH), a lancé, le 12 octobre 2026, un appel international à manifestation d'intérêt pour l'attribution de six blocs pétroliers et gaziers. Les compagnies intéressées devront notamment financer la formation de Camerounais et s'engager à réaliser au moins un forage d'exploration dans des délais déterminés, en fonction des périmètres concernés.
Pour les compagnies internationales candidates, l'effort financier consacré à la formation devra commencer dès la phase d'exploration, avec un budget minimal de 100 000 dollars par an. Cette enveloppe passera à 250 000 dollars annuels lorsque les projets entreront dans les phases de développement et d'exploitation. Dans son appel à manifestation d'intérêt relatif au Licensing Round, la SNH précise que " ces budgets sont uniquement supportés par le soumissionnaire ".
Au-delà de cette contribution à la formation, les conditions financières et fiscales applicables aux futurs contrats comportent plusieurs paramètres qui restent ouverts à la négociation. Selon la SNH, " les valeurs minimales des bonus de production attendus sont ouvertes à la négociation pour les gisements de pétrole et de gaz ". Le bonus de signature, versé lors de la conclusion du contrat, demeure facultatif. La participation minimale de l'État est également négociable, tout comme la redevance applicable aux contrats de concession.
Six blocs, des obligations d'exploration différenciées
Les exigences imposées aux candidats varient également selon les caractéristiques des six blocs mis en concurrence, répartis dans trois bassins sédimentaires. Ndian River et Bakassi se trouvent dans le bassin de Rio del Rey, Bomono et Kombe-Nsepe dans celui de Douala/Kribi-Campo, tandis que Zina et Makary appartiennent au bassin de Logone Birni, dans la région du Nord.
Les superficies proposées vont de 739,6 km² pour Bakassi à 4 644 km² pour Makary. Les six périmètres disposent de données sismiques en deux dimensions (2D), qui permettent d'étudier la structure du sous-sol et d'orienter la recherche d'hydrocarbures.
Cinq ont déjà fait l'objet de forages, contrairement à Makary, où aucun puits n'a encore été foré. La SNH indique néanmoins que des prospects et des leads, c'est-à-dire des zones présentant un potentiel pétrolier ou gazier qui reste à confirmer, ont été identifiés sur l'ensemble des blocs.
Ces différences se reflètent dans les programmes minimaux de travaux imposés aux investisseurs. Pour Bomono et Kombe-Nsepe, les candidats devront notamment forer au moins un puits d'exploration au cours des trois premières années, acquérir des données sismiques supplémentaires et réaliser des études géoscientifiques. Des exigences similaires s'appliquent à Zina et Makary, avec un programme initial de trois ans comprenant également au moins un forage et des acquisitions sismiques complémentaires.
Pour Ndian River et Bakassi, la période initiale d'exploration est portée à cinq ans. Les candidats devront, là aussi, financer au moins un forage, acquérir des données sismiques supplémentaires et mener des études géoscientifiques.
Pour développer ces périmètres, les investisseurs pourront être soumis à trois catégories de contrats : la concession, le partage de production ou les services à risques. Dans le cadre d'une concession, le titulaire finance les opérations et dispose des hydrocarbures extraits selon les modalités convenues, dans le respect des droits de l'État.
Avec un contrat de partage de production, les volumes produits sont répartis entre les parties suivant les dispositions contractuelles. Quant aux contrats de services à risques, ils prévoient une rémunération du titulaire selon les conditions négociées.
Sur le plan fiscal, l'impôt sur les sociétés est fixé à 35 % dans les conditions publiées par la SNH. Les compagnies intéressées disposent jusqu'au 28 mai 2027 à midi, heure locale, pour déposer leurs offres.
Claude Paul Tjeg
Publié le 26/10/26 17:17
La Rédaction
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CEMAC