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Congo : L’offre de crédit recule de 19 %, mais son coût baisse de 44 % au deuxième trimestre

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Au deuxième trimestre 2026, les banques opérant en République du Congo ont accordé 345,6 milliards de FCFA de nouveaux crédits, contre 426,6 milliards de FCFA à la même période de 2025. Cette contraction de 18,97 % sur un an ressort du rapport de la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) sur l'évolution des taux débiteurs pratiqués par les établissements de crédit dans la zone CEMAC.

Parallèlement, le taux débiteur moyen, qui mesure le coût des prêts bancaires, est passé de 17,78 % à 10 %, soit une baisse de 7,78 points de pourcentage. Rapportée au taux initial, cette diminution équivaut à 43,8 %. Sur un trimestre, en revanche, le recul du taux moyen est beaucoup plus limité : il est passé de 10,07 % au premier trimestre à 10 % au deuxième, soit une baisse de 7 points de base.

Cette contraction du montant des nouveaux crédits s'accompagne d'un recul plus modéré du nombre de financements accordés sur un an. Entre avril et juin 2026, les banques ont distribué 8 528 nouveaux crédits, contre 8 730 un an auparavant, soit une baisse de 2,31 %.

La comparaison avec le premier trimestre 2026 fait toutefois apparaître une évolution différente : le nombre de crédits a diminué de 36,36 %, tandis que leur montant total a progressé de 7,04 %, passant de 322,9 milliards à 345,6 milliards de FCFA. 

Cette évolution globale masque cependant des disparités importantes selon les catégories d'emprunteurs. Les entreprises ont capté 181,6 milliards de FCFA, soit 52,55 % du montant total des nouveaux crédits distribués au deuxième trimestre 2026, contre 116,4 milliards de FCFA à la même période de 2025.

Cette progression annuelle de 56 % s'accompagne néanmoins d'un repli de 8 % par rapport au premier trimestre 2026. Dans le détail, les grandes entreprises ont obtenu 126,6 milliards de FCFA, contre 50,9 milliards un an auparavant.

À l'inverse, les petites et moyennes entreprises (PME) ont vu leur enveloppe de crédit diminuer, passant de 65,6 milliards de FCFA au deuxième trimestre 2025 à 55 milliards de FCFA un an plus tard. Les particuliers ont également enregistré un recul marqué : les nouveaux crédits qui leur ont été accordés ont chuté de 34,8 % sur un an, à 39,7 milliards de FCFA. Ils ont toutefois progressé de 12,1 % par rapport au premier trimestre 2026.

Les administrations publiques et les collectivités locales décentralisées ont, pour leur part, obtenu 124,1 milliards de FCFA de nouveaux crédits au deuxième trimestre 2026, soit une baisse de 43,2 % sur un an. Cette enveloppe a néanmoins augmenté de 38,1 % par rapport au trimestre précédent, au cours duquel elle s'établissait à 89,9 milliards de FCFA.

La contraction la plus spectaculaire concerne les autres personnes morales, hors PME et grandes entreprises, dont les financements sont passés de 30,7 milliards de FCFA au deuxième trimestre 2025 à seulement 0,2 milliard un an plus tard.

Les administrations bénéficient de la plus forte baisse des taux

La diminution du coût moyen du crédit ne profite pas uniformément aux différentes catégories d'emprunteurs. Mesuré par le taux effectif global (TEG), qui intègre le taux nominal ainsi que les charges et commissions liées au prêt, le coût du financement a fortement reculé pour les administrations publiques et les collectivités locales. Leur TEG est passé de 23,29 % au deuxième trimestre 2025 à 10,64 % au deuxième trimestre 2026, soit une baisse de 12,65 points de pourcentage, correspondant à une diminution relative de 54,3 %.

Les PME ont également bénéficié d'un allègement du coût de leurs emprunts. Leur TEG est passé de 16,85 % à 10,82 %, soit une baisse de 6,03 points, équivalant à 35,8 % en valeur relative. La tendance est toutefois inverse pour les grandes entreprises et les particuliers.

Pour les premières, le taux est passé de 7,18 % à 7,79 %, soit une hausse de 0,61 point, ou 8,5 % en valeur relative. Pour les seconds, il a progressé de 13,33 % à 13,96 %, soit une augmentation de 0,63 point, correspondant à 4,7 %.

Au-delà du niveau des taux nominaux, la structure des frais appliqués aux crédits contribue également à expliquer les écarts de coût entre les catégories d'emprunteurs. Selon le rapport de la BEAC, le taux nominal a représenté en moyenne 68,29 % du TEG global, tandis que les charges et commissions en ont constitué 31,49 %.

Ces dernières ont pesé davantage dans le coût total supporté par les administrations publiques et les collectivités locales, à hauteur de 34,66 %, ainsi que par les particuliers, à 32,50 %. En comparaison, leur part s'est limitée à 18,64 % pour les grandes entreprises et à 14,13 % pour les PME.

La distribution des nouveaux crédits reste par ailleurs concentrée entre les mains de quelques établissements bancaires. Au deuxième trimestre 2026, BSCA Bank a capté 46,95 % du montant total des crédits accordés en République du Congo, loin devant BGFIBank Congo, dont la part s'est établie à 12,80 %. Aucune des autres banques présentes sur le marché congolais n'a atteint le seuil de 10 %.

Claude Paul Tjeg 

Publié le 26/10/26 13:20

La Rédaction

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