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Cameroun : 28 684 nouvelles entreprises créées en 2025, mais l'économie reste dominée par les services

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Le Cameroun a enregistré la création de 28 684 nouvelles entreprises en 2025, selon les données de l'Annuaire statistique 2025 du ministère des Petites et moyennes entreprises, de l'Économie sociale et de l'Artisanat (Minpmeesa). Cette dynamique porte le stock national des petites et moyennes entreprises (PME) à 472 208 unités, contre 443 524 un an plus tôt.

L'essentiel des nouvelles entreprises créées prend la forme d'entreprises individuelles et se concentre dans les activités de services, tandis que les sociétés plus structurées et les secteurs productifs progressent à un rythme plus modeste. Les chiffres du ministère montrent que les entreprises individuelles et établissements (EI/ETS) représentent à elles seules 436 463 unités en 2025, soit 92,4 % du stock des PME. Elles n'étaient que 196 792 en 2016. Leur nombre a ainsi plus que doublé en moins d'une décennie.

À l'opposé, les sociétés à responsabilité limitée (SARL), souvent considérées comme des structures plus adaptées à la croissance, à l'investissement et à la mobilisation de financements, ne représentent que 30 646 entreprises, soit 6,5 % du total. Les sociétés anonymes (SA), quant à elles, demeurent marginales avec seulement 1 322 unités.

L'autre enseignement de l'annuaire est la forte concentration des entreprises dans le secteur tertiaire. En 2025, le Cameroun compte 372 100 PME de services, soit 78,8 % de l'ensemble des entreprises. Ce nombre était de 176 421 en 2016.

Le secteur secondaire, qui regroupe l'industrie, la transformation, le bâtiment et certaines activités manufacturières, ne représente que 98 219 entreprises, soit 20,8 % du total. Quant au secteur primaire, il ne rassemble que 1 889 entreprises, soit à peine 0,4 % du stock national.

Autrement dit, la dynamique entrepreneuriale observée au Cameroun reste largement tirée par le commerce, les prestations de services et les activités de proximité, des domaines qui nécessitent généralement moins de capital de départ et présentent des barrières à l'entrée relativement faibles.

Cette configuration limite toutefois l'impact des créations d'entreprises sur la transformation structurelle de l'économie. Si les activités tertiaires contribuent à la création de revenus et d'emplois, elles génèrent généralement moins d'effets d'entraînement sur la production locale et les exportations que les activités industrielles.

Le potentiel de transformation se trouve davantage dans le secteur secondaire. Avec 98 219 entreprises, cette catégorie demeure minoritaire, mais elle concentre les activités susceptibles d'accroître la valeur ajoutée locale, de transformer les matières premières et de réduire la dépendance aux importations.

Dans un pays qui cherche à industrialiser son économie et à créer davantage d'emplois qualifiés, le poids encore modeste des PME industrielles apparaît comme l'un des principaux défis. Le nombre d'entreprises du secteur secondaire est passé de 32 278 unités en 2016 à 79 952 en 2023, avant d'atteindre 100 680 entreprises en 2024. En 2025, ce stock est retombé à 98 219 entreprises, soit une baisse de 2 461 unités en un an, correspondant à un recul de 2,4 %.

Malgré cette correction, le secteur secondaire affiche une progression de long terme remarquable. En neuf ans, le nombre de PME opérant dans l'industrie, la transformation, le bâtiment et les autres activités de production a plus que triplé, avec près de 66 000 entreprises supplémentaires par rapport à 2016. Ces entreprises représentent désormais 20,8 % du stock total des PME du Cameroun, contre 78,8 % pour le secteur tertiaire, qui continue de dominer très largement le tissu entrepreneurial national.

Le secteur primaire reste le parent pauvre de l'entrepreneuriat

Le secteur primaire demeure, quant à lui, le parent pauvre de l'entrepreneuriat camerounais, malgré le poids de l'agriculture dans l'économie nationale et dans l'emploi. D'après les données de l'Annuaire statistique 2025 du Minpmeesa, le nombre de PME opérant dans l'agriculture, l'élevage, la pêche et les activités extractives est passé de 352 entreprises en 2016 à 377 en 2023, puis à 444 en 2024, avant de bondir à 1 889 entreprises en 2025.

Malgré cette hausse spectaculaire de 1 445 entreprises supplémentaires en un an, le secteur primaire reste largement marginal dans le tissu entrepreneurial du pays. Il ne représente que 0,4 % du stock national des PME, soit moins de deux entreprises sur mille. À titre de comparaison, le secteur tertiaire concentre 372 100 PME, soit 78,8 % du total, tandis que le secteur secondaire en compte 98 219, représentant 20,8 % du tissu entrepreneurial.

Publié le 24/06/26 18:59

La Rédaction

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