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Cameroun : 807 milliards FCFA pour bitumer plus de 2 600 km de routes d’ici 2029

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Le Cameroun prévoit de porter le cumul des nouvelles routes bitumées de 2 441,1 km à fin 2025 à 5 047,9 km à fin 2029, soit 2 606,8 km supplémentaires en quatre ans. Pour soutenir cet effort, les dotations du ministère des Travaux publics (MINTP) passeraient de 651,9 milliards FCFA en 2026 à 806,8 milliards FCFA en 2029, soit une augmentation de 154,9 milliards FCFA, équivalant à une hausse de 23,8 %.

Ces projections ressortent des Conférences élargies de programmation budgétaire et de la performance associée (CEPB-PA), tenues du 1er au 14 septembre 2026 dans le cadre de la préparation du budget de l'État pour la période 2027-2029.

La programmation prévoit également une augmentation du linéaire des routes réhabilitées, qui passerait de 832,5 km à 2 146,2 km, soit 1 313,7 km supplémentaires. Dans le même temps, la proportion du réseau routier en bon état devrait passer de 36,4 % en 2025 à 50,1 % en 2029.

Ces projections ne permettraient toutefois pas d'atteindre les objectifs fixés par la SND30 à l'horizon 2030. Pour les nouvelles routes bitumées, le linéaire attendu à fin 2029 resterait inférieur de 952,1 km à la cible de 6 000 km. Le déficit atteindrait 853,8 km pour les routes réhabilitées, au regard de l'objectif de 3 000 km.

L'écart serait encore plus marqué concernant l'état général du réseau : le taux de 50,1 % attendu en 2029 demeurerait inférieur de 24,9 points à la cible de 75 % fixée pour 2030.

Des dotations en hausse, mais des contraintes d'exécution persistantes

L'augmentation des dotations budgétaires constitue un levier pour intensifier les travaux routiers. Elle ne garantit cependant pas, à elle seule, l'atteinte des objectifs annoncés. Les retards de paiement des entreprises, les difficultés liées à la passation des marchés et les contraintes d'exécution peuvent ralentir les chantiers, y compris lorsque les crédits sont prévus dans la programmation budgétaire.

Le Document de programmation économique et budgétaire (DPEB) 2027-2029, qui présente le bilan à mi-parcours de la SND30, indique qu'à fin 2025, le linéaire routier revêtu avoisinait les 10 000 km. Selon le gouvernement, la part des routes bitumées dans le réseau est passée de 6 % au lancement de la stratégie à 9,5 % à cette échéance.

Le document précise que " le linéaire total revêtu avoisine désormais le cap des 10 000 km, englobant un réseau interconnecté de 109,10 km d'autoroutes, 5 731,24 km de routes nationales, 1 495,27 km de routes régionales et 2 549,57 km de voies communales ".

L'extension du réseau revêtu ne doit toutefois pas être confondue avec l'amélioration de son état. En effet, les données du MINTP publiées en septembre 2025 montrent que 75 % du réseau routier, soit 91 404,7 km, se trouvaient dans un état médiocre ou mauvais. À l'inverse, seuls 25 % du réseau, représentant 30 468,2 km, étaient classés en bon ou moyen état.

Les disparités restent importantes selon les catégories de routes. Si les autoroutes étaient entièrement classées en bon état, 69 % du linéaire des routes nationales se trouvait en bon ou moyen état. Cette proportion atteignait 80 % pour les sections bitumées de cette catégorie. En revanche, elle s'établissait à 35 % pour les routes régionales et à seulement 18 % pour les routes communales.

Pour expliquer cette dégradation, le ministère met en avant l'usure des chaussées, les changements climatiques, l'incivisme de certains usagers ainsi que les capacités financières, techniques, logistiques et humaines insuffisantes d'une partie des entreprises intervenant dans le secteur.

Claude Paul Tjeg 

Publié le 30/10/26 08:26

La Rédaction

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