La dette publique du Cameroun est restée globalement stable au premier semestre 2026. Selon les données publiées par la Caisse autonome d'amortissement (CAA), l'organisme chargé de la gestion de la dette publique, l'encours du secteur public s'établit à 15 607 milliards FCFA à fin juin 2026, soit 44,2 % du produit intérieur brut (PIB). Ce niveau demeure inférieur au plafond de 50 % fixé par la Stratégie d'endettement à moyen terme (SEMT) 2026-2028 et reste largement en deçà du critère de convergence de la CEMAC, établi à 70 % du PIB.
L'administration centrale continue de concentrer l'essentiel des engagements financiers de l'État. Sa dette s'élève à 14 659 milliards FCFA à fin juin 2026, soit 41,5 % du PIB. Elle recule de 0,3 % par rapport au mois précédent, mais progresse de 0,7 % sur le trimestre et de 8,3 % en glissement annuel.
La structure de cette dette demeure dominée par les financements extérieurs, qui représentent 64,5 % de l'encours, contre 35,5 % pour la dette intérieure, laquelle intègre également les restes à payer de plus de trois mois.
De leur côté, les établissements et entreprises publics affichent un encours de 923 milliards FCFA, soit 2,6 % du PIB. Ce montant est calculé hors dette rétrocédée par l'administration centrale et n'intègre pas la dette de la Société camerounaise d'électricité (SOCADEL), dont l'évaluation est toujours en cours. Celle-ci est estimée à environ 800 milliards FCFA.
Selon la CAA, l'endettement des établissements et entreprises publics recule de 7,3 % sur un an, malgré une légère hausse de 0,4 % sur un mois et de 0,1 % sur le trimestre. Il se compose de 447 milliards FCFA de dette extérieure, de 320 milliards FCFA de dette bancaire intérieure et de 157 milliards FCFA de dette flottante.
Les collectivités territoriales décentralisées conservent, quant à elles, une place marginale dans l'encours global, avec une dette de 25 milliards FCFA, dont 15 milliards FCFA de dette flottante.
Par ailleurs, la CAA évalue les passifs conditionnels explicites de l'État à 4 895 milliards FCFA, soit 13,9 % du PIB. Ces engagements sont principalement liés aux partenariats public-privé. Leur niveau est présenté comme stable depuis plus d'un an.
La comparaison avec les données de fin mars 2026 met en évidence une évolution contrastée. À cette date, l'encours de la dette publique s'établissait à 15 416 milliards FCFA, soit 44,3 % du PIB. En trois mois, le stock a ainsi augmenté de 191 milliards FCFA, tandis que le ratio d'endettement a légèrement reculé, passant de 44,3 % à 44,2 % du PIB, sous l'effet de la progression du PIB nominal.
Dans le détail, la dette de l'administration centrale est passée de 14 431 milliards FCFA à 14 659 milliards FCFA. À l'inverse, celle des établissements et entreprises publics a reculé de 960 milliards FCFA à 923 milliards FCFA, tandis que la dette des collectivités territoriales décentralisées est revenue de 26 milliards FCFA à 25 milliards FCFA.
Perton Biyiha
Publié le 28/07/26 23:20
La Rédaction
SN
CEMAC