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Cameroun : La BAD projette près d'un milliard d'euros d'IDE sur les 2 prochaines années

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La Banque africaine de développement (BAD) table sur une hausse des investissements directs étrangers (IDE) au Cameroun au cours des deux prochaines années. Selon le Rapport pays Cameroun 2026, les flux d'IDE devraient atteindre 595,0 milliards FCFA en 2026, puis 634,9 milliards FCFA en 2027. Sur les deux années, les entrées projetées dépasseraient ainsi 1 229,9 milliards FCFA.

Cette progression prolongerait la hausse observée en 2025. Les flux d'IDE se sont établis à 587,4 milliards FCFA cette année-là, contre 502,8 milliards FCFA en 2024, 547,1 milliards FCFA en 2023, 560,3 milliards FCFA en 2022, 503,6 milliards FCFA en 2021, 234,9 milliards FCFA en 2020 et 534,6 milliards FCFA en 2019. Le niveau enregistré en 2025 constitue le plus élevé de la période considérée, tandis que 2020 reste l'année la moins favorable, dans le contexte de la crise sanitaire liée à la Covid-19.

La progression en valeur ne s'est toutefois pas encore traduite par un retour des IDE à leur poids d'avant la pandémie. Les investissements étrangers représentaient 2,3 % du PIB en 2019, avant de tomber à 1 % en 2020. Ils sont ensuite remontés à 2 % du PIB en 2021 et à 2,1 % en 2022, avant de revenir à 1,8 % en 2023, 1,6 % en 2024 et 1,7 % en 2025.

Pour les deux prochaines années, la BAD anticipe une remontée plus marquée. Les IDE pourraient représenter 3,8 % du PIB en 2026 et 2,7 % en 2027. Cette évolution reste toutefois conditionnée à l'amélioration du climat des affaires et à la mise en œuvre des réformes attendues par les investisseurs.

Des IDE encore concentrés dans quelques secteurs

Malgré leur progression au cours des dernières années, les flux d'IDE restent concentrés dans un nombre limité de secteurs. La BAD estime que leur répartition sectorielle demeure problématique, les investissements étant principalement orientés vers les secteurs pétrolier, minier et des infrastructures, au détriment de plusieurs activités considérées comme stratégiques.

" La répartition sectorielle des flux d'IDE au Cameroun reste problématique puisque ces flux sont majoritairement dirigés vers les secteurs pétrolier, minier et des infrastructures, au détriment des secteurs stratégiques tels que : (i) l'industrie manufacturière, (ii) l'agriculture moderne, (iii) les services de santé, et (iv) les technologies émergentes, dont l'intelligence artificielle ", relève le rapport.

Pour la BAD, l'absence d'une loi d'orientation des investissements constitue également un frein majeur à la diversification sectorielle des IDE.

Les perspectives pour 2026 et 2027 pourraient néanmoins favoriser une réorientation d'une partie de ces capitaux. Les autorités camerounaises anticipent un retour des flux d'IDE à des niveaux plus proches de ceux d'avant la pandémie, sous réserve de la poursuite des réformes destinées à améliorer le climat des affaires.

La hausse attendue devrait notamment profiter à l'énergie et aux ressources naturelles, avec des projets gaziers et énergétiques ainsi que le développement des capacités hydroélectriques et des filières du fer et de l'aluminium. L'agro-industrie et la transformation locale, notamment dans le cacao, le coton et les produits vivriers, figurent également parmi les secteurs susceptibles d'attirer davantage de capitaux. Les infrastructures routières, les réseaux numériques, les services financiers et logistiques ainsi que l'économie numérique sont aussi identifiés comme des secteurs porteurs.

Cette évolution pourrait ainsi permettre au Cameroun de dépasser la seule hausse du volume des IDE pour améliorer leur contribution à la transformation de l'économie. Le principal enjeu sera notamment d'attirer davantage de capitaux vers les activités manufacturières, la transformation locale et la valorisation des ressources naturelles.

Le pays dispose par ailleurs d'un potentiel encore peu exploité sur le marché du carbone. La BAD estime qu'il pourrait mieux valoriser les services de séquestration fournis par ses forêts et ses écosystèmes. Cela nécessite notamment la mise en place d'un système permettant de contrôler les quantités de carbone demandées, ainsi que la réalisation d'un inventaire forestier national prévu en 2026.

La valorisation de ce potentiel pourrait compléter les investissements attendus dans les secteurs de l'énergie et des ressources naturelles. Pour le Cameroun, l'enjeu sera donc de transformer la progression projetée des IDE en davantage de capitaux productifs, capables de soutenir la transformation locale et une meilleure valorisation économique de ses ressources.

Claude Paul Tjeg 

Publié le 19/08/26 12:40

La Rédaction

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