Le gouvernement ghanéen a annoncé, ce mercredi 19 août 2026, le versement de la somme de 10,8 milliards de cedis (environ 977 millions USD, soit près de 536,5 milliards FCFA) aux détenteurs d'obligations dans le cadre du Programme d'échange de la dette intérieure (DDEP), un règlement effectué intégralement dans les délais impartis. Ce troisième coupon porte désormais à 41,36 milliards de cedis, soit environ 3,63 milliards de dollars (2 054 milliards FCFA), le montant total remboursé aux créanciers depuis 2025, confirmant la trajectoire de discipline budgétaire affichée par Accra depuis la fin de sa restructuration de dette.
L'annonce, faite par le ministère des Finances, intervient alors que le pays cherche à effacer les séquelles d'une crise financière particulièrement sévère. Le DDEP avait été lancé en décembre 2022, dans un contexte de forte dégradation des finances publiques, marqué par une inflation galopante, l'effondrement du cedi et la perte d'accès aux marchés internationaux de capitaux. Confrontées à une véritable crise de solvabilité, les autorités ghanéennes avaient alors dû restructurer près de 137 milliards de cedis (environ 10,5 milliards USD) de titres publics domestiques, échangeant les anciens emprunts contre de nouvelles obligations assorties de taux d'intérêt réduits et de maturités allongées. Ces mécanismes s'inscrivaient dans le cadre du programme soutenu par le FMI, qui conditionnait son assistance financière à la restauration de la soutenabilité de la dette du Ghana.
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Ce paiement constitue le troisième coupon réglé sans recours au mécanisme de paiement en nature, qui avait permis au gouvernement, au début de la restructuration, de différer une partie de ses obligations alors que ses marges de manœuvre budgétaires étaient limitées. De ce fait, les prêteurs ont dû accepter un réaménagement des conditions de leurs créances, avec notamment un allongement des maturités et un report de certaines échéances, afin de permettre au gouvernement de lisser ses remboursements dans le temps. L'abandon progressif de ce mécanisme est désormais présenté par les autorités comme le signe d'une amélioration de la situation budgétaire du pays.
Cette régularité dans le remboursement s'inscrit dans une dynamique plus large de normalisation économique. L'inflation, qui avait atteint des sommets pendant la crise, est retombée à 3,3 % en février dernier, proche d'un plancher de trois décennies, tandis que la Banque du Ghana a abaissé son taux directeur de quatorze points depuis juillet 2025. Le marché obligataire domestique, resté gelé pendant trois ans, a lui aussi rouvert en mars 2026, permettant au Trésor de lever 2,7 milliards de cedis lors d'une émission à sept ans largement sursouscrits.
Les prochaines échéances s'annoncent toutefois autrement plus lourdes. Le gouvernement fait face à 111 milliards de cedis (10,06 milliards USD) de remboursements du DDEP entre 2027 et 2028, dont 58 milliards de cedis (5,26 milliards USD) arrivant à maturité en 2027 et 53 milliards de cedis (4,80 milliards USD) l'année suivante. Pour y faire face, Accra a mis en place un fonds de réserve alimenté par sept pour cent des recettes fiscales non pétrolières et par le produit des émissions obligataires domestiques. Ce fonds, qui atteignait 15,6 milliards de cedis (1,41 milliard USD) fin juillet, devrait franchir la barre des 30 milliards de cedis (2,72 milliards USD) d'ici à la fin de l'année, un montant que le ministre des Finances juge suffisant pour absorber la première grande échéance de février 2027.
Dans son communiqué, le ministère des Finances a réitéré son engagement à honorer l'ensemble des obligations futures liées au programme, dans les mêmes conditions de régularité et d'intégralité. Une promesse que le Gouvernement entend tenir pour consolider la crédibilité financière retrouvée du pays et éloigner durablement le spectre du défaut souverain.
Fanuelle YAO
Publié le 19/08/26 12:16
La Rédaction
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