Là où un constructeur chinois avait échoué, un groupe britannique tente à son tour de concrétiser le projet. Savannah Energy PLC a signé, en octobre 2026, un accord de développement conjoint avec le gouvernement camerounais en vue de relancer la centrale hydro-solaire de Bini à Warak, dans la région de l'Adamaoua, au nord du pays.
Selon son actualisation opérationnelle et financière publiée le 30 octobre, cet accord établit " le cadre de collaboration nécessaire à la progression du développement du projet ". La future installation devrait afficher une puissance cumulée de 95 MW. Son coût est, quant à lui, estimé à 393 milliards de FCFA dans la programmation budgétaire de l'État pour la période 2027-2029.
Ce nouveau partenariat intervient après plus d'une décennie de tentatives infructueuses pour concrétiser le projet. En février 2013, le gouvernement camerounais avait confié à l'entreprise chinoise Sinohydro la construction d'un barrage hydroélectrique de 75 MW.
Le marché avait été conclu selon la formule " clé en main ", qui prévoyait la livraison d'un ouvrage entièrement achevé par le constructeur. Mais le financement du projet a été suspendu en 2019, entraînant l'arrêt des travaux et compromettant sa réalisation.
C'est dans ce contexte que Savannah Energy s'est positionné pour reprendre le dossier, avec une configuration technique différente. Au barrage hydroélectrique initialement envisagé s'ajoute désormais une centrale solaire photovoltaïque de 40 MW, portant la capacité totale du complexe à 95 MW.
Pour développer cette nouvelle configuration, le groupe britannique avait déjà signé un protocole d'accord avec les autorités camerounaises en avril 2023, par l'intermédiaire de sa filiale Savannah Energy RCM Limited. L'accord conclu en octobre 2026 vient ainsi prolonger cette démarche et formaliser un cadre de coopération plus avancé entre les deux parties.
Le projet repose désormais sur le modèle du producteur indépendant d'électricité (IPP). Dans ce schéma, l'opérateur privé est chargé de mobiliser les financements nécessaires, de construire les installations et d'assurer leur exploitation, avant de commercialiser l'électricité produite auprès d'un acheteur, généralement dans le cadre d'un contrat d'achat d'électricité (PPA). Les modalités de cette commercialisation, notamment les tarifs et les engagements contractuels des parties, restent toutefois à préciser pour Bini à Warak.
Car, si la signature de cet accord constitue une nouvelle étape institutionnelle, elle ne signifie pas pour autant que le financement du projet est bouclé.
Dans son actualisation du 30 octobre, Savannah Energy ne communique ni une estimation actualisée du coût de réalisation, ni des financements effectivement mobilisés. Le groupe ne précise pas non plus les conditions de vente de l'électricité, pas davantage qu'une nouvelle échéance pour la clôture financière ou le démarrage des travaux.
Ces incertitudes invitent à la prudence, d'autant que le calendrier de réalisation a déjà connu plusieurs révisions. En 2023, Savannah Energy envisageait une première production d'électricité entre 2027 et 2028. Par la suite, le groupe a évoqué une clôture financière au troisième trimestre 2028, une mise en service de la composante solaire en 2030, puis une entrée en exploitation de la partie hydroélectrique environ quatre ans après l'approbation définitive du projet.
Claude Paul Tjeg
Publié le 04/11/26 20:04
La Rédaction
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CEMAC