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Cameroun : Le britannique Tower Resources attend le feu vert de la présidence pour relancer un projet pétrolier bloqué depuis dix ans

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Près de dix ans après la signature du contrat pétrolier sur le bloc Thali, situé en eaux peu profondes du bassin du Rio del Rey, au large de la péninsule de Bakassi dans le sud-ouest du Cameroun, le projet reste suspendu à une ultime décision politique. La compagnie britannique Tower Resources a annoncé que le dossier relatif à la cession partielle de ses intérêts dans le permis a été transmis à la Présidence de la République, une étape jugée indispensable avant le lancement du premier forage sur ce bloc offshore.

Dans une communication publiée le 24 juin 2026, Tower Resources indique avoir été " informée que le dossier a été transmis à la Présidence de la République pour traitement, accompagné d'une lettre de couverture du Premier ministre ". La société précise que cette procédure est nécessaire parce que l'opération de farm-out – un mécanisme par lequel une compagnie pétrolière cède une partie de ses intérêts dans un permis à un partenaire en échange d'un financement ou d'une prise en charge de certains travaux – est elle-même conditionnée par une nouvelle prorogation de la période initiale d'exploration du permis de Thali et, comme par le passé, requiert l'approbation du Président de la République.

L'accord attendu du chef de l'État doit permettre de finaliser un partenariat avec la société Prime Global Energies Ltd. Cet accord prévoit la cession de 42,5 % des intérêts de Tower Resources dans le permis Thali. En contrepartie, le nouvel entrant s'engage à financer une partie du premier programme de forage, avec un apport estimé à environ 15 millions de dollars, soit près de 10 milliards de FCFA.

Dans son rapport annuel publié le 2 juin dernier, le groupe britannique soulignait déjà le caractère stratégique de cette opération. " Nous continuons d'attendre l'approbation de nos opérations de farm-out au Cameroun et en Namibie, qui ont pris plus de temps que nous l'aurions souhaité. Cependant, un travail considérable a été entrepris en arrière-plan, en liaison avec les différents départements gouvernementaux concernés, afin de garantir qu'une fois ces approbations délivrées, Tower soit aussi prête que possible sur le plan opérationnel pour démarrer ses programmes de travail ", affirmait son président exécutif et directeur général, Jeremy Asher.

Le dirigeant ajoutait que " le coût du maintien de l'état de préparation au forage est substantiel et nous avons également poursuivi les investissements dans la préparation du puits lui-même, notamment à travers l'acquisition et l'acheminement du système de suspension mud-line. Je reste convaincu que nous récolterons les bénéfices de notre patience au cours du reste de cette année ".

Un projet stratégique dans un contexte de baisse de la production

L'intérêt du bloc Thali réside notamment dans sa localisation. Situé à proximité de champs déjà en exploitation dans le bassin du Rio del Rey, il pourrait bénéficier, en cas de découverte commerciale, des infrastructures pétrolières existantes, réduisant ainsi les coûts de développement.

Le projet remonte à septembre 2015, lorsque la Société nationale des hydrocarbures (SNH) annonçait la signature d'un contrat de partage de production avec Tower Resources. Le calendrier initial prévoyait l'acquisition de données sismiques en trois dimensions dès 2016, suivie des premiers forages entre 2017 et 2018. Près d'une décennie plus tard, aucun puits n'a toutefois encore été foré.

La SNH, partenaire de Tower Resources dans le projet, soutient le principe du farm-out et avait déjà indiqué son intention de recommander au ministre des Mines une prolongation d'un an de la première période d'exploration de la licence. Cette extension apparaît nécessaire alors que les engagements de forage arrivent à échéance.

Le déblocage du dossier intervient dans un contexte où le Cameroun cherche à renouveler ses réserves d'hydrocarbures, alors que la production nationale est orientée à la baisse depuis plusieurs années. Selon les données publiées par la SNH, les investissements consacrés à l'exploration ont diminué de 18,27 % en 2024 pour s'établir à 254,87 millions de dollars.

L'activité de forage demeure par ailleurs limitée. D'après la SNH, seulement cinq puits ont été forés en 2024, dont quatre puits de développement et un puits d'appréciation, tous situés dans le bassin du Rio del Rey. 

Afin d'attirer de nouveaux investisseurs, la compagnie nationale poursuit la promotion de neuf blocs pétroliers couvrant une superficie totale de 19 626,89 km². Dans son rapport annuel, elle indique également avoir engagé des discussions avec deux sociétés étrangères intéressées par certains de ces permis.

Perton Biyiha 

Publié le 24/06/26 17:32

La Rédaction

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