L'État du Cameroun a encaissé 70,2 milliards FCFA en 2025 au titre des participations qu'il détient dans diverses entreprises et institutions. Comptabilisés dans les recettes non fiscales, ces revenus ont progressé de 24,9 % sur un an, selon le rapport d'exécution du budget publié par la Direction générale du Budget du ministère des Finances. En 2024, les dividendes reversés au Trésor public s'élevaient à 56,2 milliards FCFA, soit une augmentation de 14 milliards FCFA en l'espace d'un an.
Cette hausse n'a toutefois pas permis d'atteindre l'objectif fixé dans la loi de finances. Les encaissements de 2025 représentent 94,5 % des prévisions, établies à 74,3 milliards FCFA. Il en résulte un manque à gagner de 4,1 milliards FCFA par rapport à la cible budgétaire.
Dans le détail, la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) arrive largement en tête des contributeurs, avec 38,8 milliards FCFA versés au Trésor. Elle est suivie par la Société nationale des hydrocarbures (SNH), qui a contribué à hauteur de 20 milliards FCFA, puis par SCB Cameroun, avec 4,1 milliards FCFA. À elles seules, ces trois entités ont généré 62,9 milliards FCFA, soit 89,6 % de l'ensemble des dividendes encaissés par l'État. La BEAC représente ainsi 55,3 % du total, contre 28,5 % pour la SNH.
Ces versements correspondent à des mécanismes de participation différents. Dans le cas de la BEAC, les dividendes perçus par le Cameroun découlent de sa qualité d'État membre et d'actionnaire de la banque centrale commune aux six pays de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC). Son capital, fixé à 88 milliards FCFA, est réparti à parts égales entre les six États membres.
Pour la SNH, il s'agit des revenus tirés de la participation intégrale de l'État au capital de cette entreprise publique. Les 20 milliards FCFA comptabilisés en 2025 correspondent aux dividendes versés à l'État en sa qualité d'actionnaire, au titre des bénéfices distribués par la société.
Ce montant doit être distingué de la redevance pétrolière reversée au Trésor, qui s'est élevée à 449,9 milliards FCFA sur la même période. En effet, la SNH assure la gestion des intérêts de l'État dans le secteur des hydrocarbures et commercialise notamment la part de production qui lui revient. Les transferts issus de la commercialisation du pétrole et les dividendes prélevés sur les bénéfices de la société constituent donc deux catégories de recettes distinctes dans les comptes publics.
Une contribution encore limitée aux recettes de l'État
Malgré leur progression, les dividendes occupent une place relativement modeste dans les ressources budgétaires du Cameroun. Les 70,2 milliards FCFA collectés en 2025 représentent 20,4 % des 344,6 milliards FCFA de recettes non fiscales mobilisées au cours de l'exercice.
À l'échelle des recettes budgétaires totales, évaluées à 5 087,5 milliards FCFA en 2025, le poids des dividendes tombe à environ 1,4 %. Leur contribution reste ainsi marginale comparée à celle des recettes fiscales, qui ont atteint 4 016,4 milliards FCFA. .
La concentration des dividendes autour de la BEAC et de la SNH n'est pas nouvelle. Elle était déjà perceptible en 2024, selon un document présenté à la Chambre des comptes de la Cour suprême, qui recensait 55,9 milliards FCFA de dividendes provenant de neuf entités.
La BEAC avait alors versé 20,6 milliards FCFA et la SNH 20,9 milliards FCFA, tandis que SCB Cameroun avait contribué à hauteur de 5,2 milliards FCFA. D'autres entités figuraient également parmi les contributeurs, notamment DPDC, BGFI Bank, Société Générale Cameroun, Africa Re, SOCAPALM et ADC.
Claude Paul Tjeg
Publié le 04/11/26 20:22
La Rédaction
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