Au Cameroun, le taux brut de dégradation du portefeuille des banques, qui est le rapport entre les crédits en souffrance et le total des crédits, est ressorti à 13,81 % au 30 juin 2024, selon les données du marché consultées par Sika Finance. Cela signifie que sur les 5 606,7 milliards FCFA d'encours de crédits octroyés par les banques du pays à cette période, 774,11 milliards FCFA (environ 1,3 milliard de dollars US) sont susceptibles de ne pas être remboursées. Ce volume est en hausse de 75,3 milliards FCFA par rapport à la même période l'année dernière.
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Sur les 18 établissements de crédits en activité dans le pays, BC-PME, une banque à capitaux publics, est celle dont le portefeuille s'est le plus détérioré. Les créances en souffrances de cet établissement représentent 59,72% de son encours global, traduisant des difficultés de recouvrement qui impactent sa performance. Le second établissement dont la qualité du portefeuille de crédit est la moins reluisante est la BICEC, filiale locale du Marocain BCP. À 180,6 milliards FCFA, les créances en souffrance de cette banque représentent près de 40% de son portefeuille de prêts.
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Standard Chartered Bank et Citibank, qui évoluent sur un segment de Corporate très sélectif, sont les moins exposés avec un taux de dégradation de 0,20% pour le premier et 0% pour le second. Afriland First Bank, le plus gros prêteur du pays avec 1 280,5 milliards FCFA d'encours, détient 150 milliards FCFA de prêts douteux.
Conformément à la réglementation de la COBAC, le gendarme du secteur bancaire dans la région, les banques ont été contraintes de puiser dans leurs fonds propres pour constituer des provisions d'un montant global de 607,9 milliards FCFA. Ceci représente un taux de couverture des crédits en souffrance de 78,5%. Le règlement communautaire prescrit une provision pouvant atteindre 75% du total du risque.
Cédrick JIONGO
Publié le 25/10/24 14:32
La Rédaction
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