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CEMAC : À Washington, la BEAC négocie avec le FMI pour faciliter la relance des programmes économiques

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Le 8 septembre 2026 à Washington, le gouverneur de la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC), Yvon Sana Bangui, a rencontré Zeine Zeidane, directeur du Département Afrique du FMI. Dans son communiqué publié le 14 septembre, la banque centrale explique que cette rencontre visait à " examiner les conditions de validation de la revue des assurances régionales suspendue depuis décembre 2025 et de la poursuite des programmes économiques et financiers soutenus par le FMI dans la CEMAC ".

Les assurances régionales ne constituent pas une garantie financière classique. Elles regroupent les engagements pris au niveau communautaire pour préserver les grands équilibres monétaires, extérieurs et financiers de la zone. Elles complètent ainsi les engagements propres à chaque État dans le cadre de ses relations avec le FMI. Leur validation constitue donc un élément important pour la poursuite des programmes soutenus par le Fonds dans la CEMAC.

La BEAC défend ses équilibres devant le FMI

Pour appuyer sa démarche auprès du FMI, la banque centrale a présenté plusieurs indicateurs macroéconomiques de la sous-région. La CEMAC affiche une croissance de 3 %, avec un déficit budgétaire de 2,7 % du PIB. Les avoirs extérieurs nets de la BEAC atteignent 4 523,1 milliards FCFA, en hausse de 50,8 %. L'inflation s'établit à 2,2 %, soit un niveau inférieur au seuil communautaire de 3 %. Les réserves de change couvrent par ailleurs plus de quatre mois d'importations de biens et services, selon les données présentées par la banque centrale.

Ces indicateurs conduisent le gouverneur de la BEAC à considérer que " la stabilité monétaire et financière de la CEMAC est donc préservée et la Zone n'est pas exposée à un éventuel risque d'ajustement monétaire ".

Cette situation ne signifie toutefois pas que tous les engagements régionaux ont été remplis. La BEAC reconnaît que plusieurs réformes restent à finaliser. Elle cite notamment le rétablissement de trajectoires budgétaires crédibles et soutenables, le renforcement des effectifs de la Commission bancaire d'Afrique centrale (COBAC), l'élaboration d'une nouvelle loi bancaire ainsi que la révision du dispositif de surveillance multilatérale.

Dans ce contexte, Yvon Sana Bangui a " notamment rappelé la dynamique impulsée par les Chefs d'État de la CEMAC en vue d'assurer un redressement durable du cadre macroéconomique sous-régional et réaffirmé la détermination des États membres et des Institutions communautaires à finaliser les actions restantes ".

Le gouverneur a surtout plaidé pour " une approche pragmatique des assurances régionales, mieux adaptée aux réalités et spécificités des pays de la CEMAC ". Selon la BEAC, cette démarche " ne vise ni à remettre en cause les principes de bonne gouvernance, ni à relâcher la discipline macroéconomique, mais à mieux articuler les engagements régionaux avec les programmes conclus entre les États membres de la CEMAC et le FMI ".

Octobre avant le rendez-vous de décembre

La prochaine étape doit intervenir avec les missions des services du FMI, annoncées pour octobre 2026 dans les différents pays de la CEMAC. Elles devront notamment permettre d'évaluer les progrès accomplis dans la mise en œuvre des engagements régionaux. La BEAC envisage ensuite une possible validation de la revue des assurances régionales en décembre. Il s'agit toutefois, à ce stade, d'un calendrier de travail et non d'une validation acquise.

L'enjeu est directement lié aux programmes économiques conclus par les États de la sous-région avec le FMI. Le Tchad et la République centrafricaine disposent actuellement d'accords financiers avec le Fonds. Le Congo a achevé son programme en 2025, tandis que le Gabon ne dispose pas actuellement d'un accord financier actif. La Guinée équatoriale est, pour sa part, engagée dans un programme de suivi. Au Cameroun, le précédent programme s'est achevé en juillet 2025 et les autorités négocient depuis un nouvel accord avec le FMI.

Pour les pays actuellement engagés dans des discussions avec le Fonds, notamment le Cameroun, la validation des assurances régionales en décembre ne signifierait donc pas automatiquement la conclusion d'un nouveau programme. Elle pourrait néanmoins contribuer à lever un préalable régional au moment où ces États cherchent à avancer dans leurs discussions avec le FMI.

Claude Paul Tjeg 

Publié le 15/09/26 09:25

La Rédaction

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