La Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) a décidé de maintenir son principal taux directeur à 4,5%, alors que l'activité économique de la CEMAC devrait ralentir en 2026. Selon les projections présentées à l'issue du Comité de politique monétaire du 28 septembre, la croissance régionale est désormais attendue à 3%, contre 3,7% en 2025. L'institution conserve également son taux de prêt marginal à 5,75%.
Ce statu quo intervient pourtant dans un environnement marqué par une inflation relativement contenue. La hausse des prix est projetée à 2,2% en 2026, soit un niveau inférieur au seuil communautaire de 3%. Dans une configuration classique, le ralentissement de l'activité associé à une inflation maîtrisée peut ouvrir davantage d'espace à un assouplissement monétaire. La BEAC a néanmoins choisi de rester " prudente " et de conserver ses instruments inchangés. Son gouverneur Yvon Sana Bangui, évoquant " les tensions géopolitiques mondiales comme facteur de risques exogènes ".
Les indicateurs extérieurs devraient également connaître une amélioration. Les réserves de change de la CEMAC sont attendues à 4,53 mois d'importations, contre 4,07 mois précédemment, tandis que le taux de couverture extérieure de la monnaie progresserait à 72,4%, après 65,2%. Le déficit courant devrait parallèlement être ramené de 4,2% à 2,8% du PIB. Ces évolutions renforcent progressivement les marges de sécurité extérieures de la zone.
La prudence de la Banque centrale intervient toutefois alors que les finances publiques demeurent sous surveillance. Le déficit budgétaire global des États de la CEMAC, hors dons, devrait certes se réduire, mais resterait à 3,3% du PIB en 2026, contre 4,5% en 2025. La BEAC continue ainsi d'articuler sa politique autour de la stabilité monétaire, de la préservation des réserves de change et de la nécessité de maintenir des équilibres budgétaires compatibles avec la soutenabilité extérieure de la sous-région.
Le maintien du taux directeur à 4,5% signifie que le coût du refinancement des banques commerciales auprès de la BEAC ne diminuera pas. Pour les économies de la CEMAC, l'enjeu sera désormais de voir dans quelle mesure cette orientation monétaire pourra cohabiter avec une croissance ramenée à 3%, notamment pour le financement des entreprises et de l'investissement. La prochaine évolution des taux dépendra notamment de la trajectoire de l'inflation, des réserves extérieures et des déséquilibres budgétaires des États.
Idrissa Diakité
Publié le 29/09/26 08:40
La Rédaction
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