CEMAC : La RCA prépare sa première émission obligataire d’un montant de 100 milliards FCFA

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                                        Hervé Ndoba, lors du roadshow à Douala 

Sur un réseau d'investisseurs constitué de dix banques agrées par l'État centrafricain sur le marché des titres publics, seules deux participent activement aux opérations de levées de fonds de ce pays sur le marché régional des titres publics. Il s'agit de CCA-Bank et BPMC. C'est en vue de convaincre les autres membres du réseau, voire d'autres catégories d'investisseurs, que Hervé Ndoba, le ministre centrafricain des Finances et du Budget, s'est rendu à Douala au Cameroun dans le cadre d'une campagne de promotion des titres publics de son pays.

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Il succède ainsi à son homologue gabonais, Charles Mba, qui avait séjourné dans la capitale économique camerounaise le 28 mars dernier pour les mêmes raisons. Le Cameroun est la plaque tournante du marché régional des capitaux dans la CEMAC car environ 70% des investisseurs y sont installés. Pour Bangui, l'objectif pour cette année est de mobiliser une enveloppe de 200 milliards de FCFA pour couvrir son déficit budgétaire. Selon les détails fournis par Hervé Ndoba à la presse, le pays émettra tout au long de l'année, des Bons et obligations du Trésor Assimilables pour 100 milliards FCFA (152 millions d'euros) et tentera de collecter les 100 milliards restants sur le marché financier un ou plusieurs emprunts obligataires. C'est la première fois que le pays recours à cet instrument pour lever de la dette. Les conditions adossées à l'opération n'ont pas été dévoilées et dépendent d'un ensemble de paramètres.

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“Nous observerons les paramètres d'endettement et de solvabilité de notre pays et en juillet prochain nous auront certainement un collectif budgétaire pour permettre de corriger notre budget en fonction des recettes domestiques collectées tout cela va nous permettre d'affiner l'opération projetée sur le marché financier”, a déclaré le membre du gouvernement centrafricain. Avec l'argent collecté, Bangui compte financer un certain nombre de projets d'infrastructures. “Pour ceux qui sont venus à Bangui, ce n'est un secret pour personne, notre aéroport est encore dans sa forme de l'époque coloniale. Il faut impérativement le réhabiliter. Dans le secteur hôtelier, nous avons un problème de capacité d'accueil que nous devons résorber. Je ne manquerai pas d'évoquer les projets routiers. Autant de projets qu'il faut financer et pour lesquels nous avons besoin d'une impulsion forte du marché régional parce que ces projets-là, les bailleurs de fonds traditionnels ne les financeront jamais”.

Un historique de défaut encore vierge mais…

La mobilisation de cette enveloppe représente un gros défi pour le gouvernement centrafricain qui non seulement n'a pas bonne presse auprès des investisseurs locaux mais doit faire face à un contexte difficile marqué par le durcissement de la politique monétaire de la Banque Centrale. La réticence des investisseurs peut être due à une perception de risque élevé, pour ce pays de 5,5 millions d'habitant qui est traversé par des crises successives depuis 2013 année de guerre civile. A l'intensification des conflits armés dans le pays s'est ajoutée la crise de la COVID-19, mettant en péril la stabilité macroéconomique.

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Pour rassurer les investisseurs, le ministre centrafricain a mis en avant le fait que son pays n'a jamais enregistré de défaut sur sa dette depuis le lancement des opérations sur ce marché il y'a plus de 10 ans. Bien plus, Bangui s'est vu attribuer une pondération de risque nulle sur ses obligations par la COBAC, le gendarme bancaire dans la CEMAC. Ce qui exonère les banques d'obligation de provisionnement si elles souscrivent à ses opérations.

Le pays a également mis en avant sa note BB+ attribuée par Bloomfield sur ses emprunts à long terme auxquels s'ajoute un ensemble de réformes en cours pour améliorer son ratio de solvabilité. “Nous allons atteindre au cours des deux prochaines années une montée exponentielle sur la capacité de mobilisation de nos ressources internes. Parce que pendant les 3 dernières années nous avons mis en place des mécanismes de digitalisation pour optimiser la collecte de nos recettes fiscales”.

Cédrick Jiongo

La Rédaction

Publié le 16/04/24 12:48

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