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CEMAC : Le coût des obligations du Trésor a bondi de 130 % en 13 ans

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Emprunter auprès des investisseurs coûte désormais beaucoup plus cher aux États d'Afrique centrale qu'il y a treize ans. Sur le marché des titres publics de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac), les rendements servis par les Trésors ont fortement augmenté entre 2013 et mars 2026. Le mouvement touche aussi bien les emprunts de courte durée que les financements à moyen et long terme.

Selon le Rapport sur la politique monétaire publié par la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) en juin 2026, le rendement moyen des Obligations du Trésor assimilables (OTA) est passé de 4,18 % en 2013 à 9,64 % entre mars 2025 et mars 2026. En treize ans, la hausse atteint ainsi 5,46 points de pourcentage. En valeur relative, le coût moyen de ces emprunts à moyen et long terme a augmenté de plus de 130 %.

La progression est également marquée sur les Bons du Trésor assimilables (BTA), utilisés pour répondre aux besoins de financement à court terme. Leur taux moyen se situait autour de 2,2 % en 2013. Il atteint 6,98 % sur la période allant de mars 2025 à mars 2026. Le taux a ainsi augmenté d'environ 4,8 points de pourcentage et a plus que triplé sur la période.

Les obligations sont passées de 4,18 % à près de 10 %

L'évolution observée sur treize ans ne s'est toutefois pas faite au même rythme pour les deux catégories de titres. Sur les BTA, la hausse apparaît progressive. Le taux moyen, situé autour de 2,2 % en 2013, passe à environ 2,4 % en 2014, puis se rapproche de 3 % en 2015. En 2016, il monte autour de 3,5 %, avant d'accélérer en 2017 pour approcher 4,8 %.

Le coût des financements à court terme se maintient ensuite autour de 4,7 % en 2018, 4,8 % en 2019 et près de 5 % en 2020. Une nouvelle phase de hausse s'amorce à partir de 2021. Le taux passe à environ 5,5 % cette année-là, puis se rapproche de 6 % en 2022. Il monte autour de 6,6 % en 2023, avant d'atteindre 6,76 % entre mars 2024 et mars 2025, puis 6,98 % au cours des douze mois suivants.

La trajectoire des OTA est, en revanche, plus contrastée. Leur rendement moyen, établi à 4,18 % en 2013, augmente autour de 4,8 % en 2014, avant de redescendre aux environs de 4,3 % en 2015. Il reste ensuite proche de 4,4 % en 2016 et de 4,5 % en 2017.

En 2018, le rendement des obligations émises par les Trésors de la Cemac monte autour de 5,5 % et demeure proche de ce niveau en 2019. La courbe change ensuite de rythme à partir de 2020. Le rendement grimpe dans une fourchette comprise entre 7,5 % et 8 %, dépasse 8 % en 2021 et se rapproche de 9 % en 2022. Il reste autour de ce niveau en 2023 et en 2024, avant d'atteindre 9,16 % entre mars 2024 et mars 2025, puis 9,64 % entre mars 2025 et mars 2026.

La hausse du coût des OTA s'est donc concentrée en grande partie sur les dernières années de la période. En 2019, les États empruntaient encore à moyen et long terme à un rendement moyen proche de 5,5 %. Six ans plus tard, ce rendement approche 10 %, signe d'un net renchérissement de leurs financements sur le marché régional.

Ce marché des titres publics permet au Cameroun, au Congo, au Gabon, à la Guinée équatoriale, à la République centrafricaine et au Tchad de lever des ressources auprès des investisseurs. Les États peuvent recourir à ces financements pour couvrir leurs besoins de trésorerie, financer leur déficit budgétaire ou rembourser des dettes arrivées à échéance. La hausse des rendements signifie donc qu'ils doivent désormais consentir une rémunération plus importante aux investisseurs qui leur prêtent de l'argent.

Ce renchérissement intervient dans un contexte où les besoins de financement des États se sont accrus et où les six Trésors sollicitent le même marché régional. Lorsque plusieurs émetteurs recherchent simultanément des liquidités, ils peuvent être conduits à proposer des rémunérations plus élevées pour attirer les investisseurs et mobiliser les montants recherchés.

À cette concurrence pour les ressources disponibles s'ajoutent les conditions monétaires, qui influencent le prix de l'argent, ainsi que l'appréciation du risque par les banques et les autres souscripteurs. Plus un investisseur estime qu'un émetteur présente un risque élevé ou fait face à d'importants besoins de liquidité, plus il peut exiger un rendement important avant de lui prêter.

Paul Tjeg 

Publié le 03/07/26 09:33

La Rédaction

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