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CEMAC : Le coût du crédit recule au deuxième trimestre, sauf au Gabon où les taux culminent à 21,51 %

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Le coût moyen du crédit bancaire dans la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) a diminué au deuxième trimestre 2026, après avoir augmenté au cours des trois premiers mois de l'année. Selon le rapport de la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) sur l'évolution des taux débiteurs pratiqués par les établissements de crédit dans la sous-région, le taux débiteur moyen s'est établi à 10,99 %, contre 11,53 % au deuxième trimestre 2025.

Cette évolution correspond à une baisse de 54 points de base en glissement annuel. Le recul est plus marqué en variation trimestrielle : le taux moyen a diminué de 140 points de base, après avoir atteint 12,39 % au premier trimestre 2026.

Cette détente à l'échelle communautaire masque toutefois des évolutions contrastées selon les pays. Au Gabon, le taux débiteur moyen a progressé de 144 points de base en un an, passant de 20,07 % au deuxième trimestre 2025 à 21,51 % au deuxième trimestre 2026. Sur trois mois, il est toutefois resté stable à ce niveau, selon la BEAC. Le pays conserve ainsi les taux moyens les plus élevés de la CEMAC.

Ces taux effectifs globaux (TEG) mesurent le coût global d'un crédit. Ils prennent en compte, au-delà du taux d'intérêt nominal, les frais et commissions entrant dans leur calcul, offrant ainsi une mesure plus complète du coût supporté par l'emprunteur.

Au Cameroun, première économie de la CEMAC, le taux débiteur moyen s'est établi à 8,22 % au deuxième trimestre 2026, contre 7,77 % un an auparavant, soit une hausse de 45 points de base. Cette progression annuelle contraste avec l'évolution observée sur trois mois. Le taux a reculé de 81 points de base, après 9,03 % au premier trimestre 2026.

La République centrafricaine suit une trajectoire différente. Le taux débiteur moyen y est passé de 12,11 % au deuxième trimestre 2025 à 14,36 % au deuxième trimestre 2026, soit une augmentation de 224 points de base sur un an. La hausse s'est également poursuivie sur trois mois, avec une progression de 133 points de base par rapport au premier trimestre.

Des évolutions contrastées dans les autres pays

À l'opposé de ces hausses, le Congo enregistre la plus forte baisse annuelle des taux débiteurs moyens parmi les six pays de la communauté. Ceux-ci sont passés de 17,78 % au deuxième trimestre 2025 à 10,00 % au deuxième trimestre 2026, soit un recul de 778 points de base. Sur un trimestre, la diminution est toutefois beaucoup plus limitée. Le taux moyen s'établissait à 10,07 % au premier trimestre 2026, soit une baisse de 7 points de base.

En Guinée équatoriale, la tendance reste orientée à la hausse sur un an, malgré une nette détente trimestrielle. Le taux débiteur moyen a atteint 13,82 % au deuxième trimestre 2026, contre 12,33 % à la même période de 2025, soit une progression de 149 points de base. Il a néanmoins diminué de 363 points de base par rapport au premier trimestre 2026.

Au Tchad, le taux débiteur moyen comparable s'est établi à 11,47 % au deuxième trimestre 2026, contre 11,58 % un an auparavant, soit une baisse de 11 points de base. En revanche, il a progressé de 58 points de base par rapport au premier trimestre, où il s'élevait à 10,89 %. La BEAC précise que cet indicateur est calculé hors engagements par signature, compte tenu des taux particulièrement faibles appliqués à ces opérations et de leurs volumes importants.

Au-delà de ces disparités nationales, l'évolution des taux s'accompagne d'un recul des nouveaux crédits distribués dans la sous-région sur un an. 

Les nouveaux crédits reculent de 6 % sur un an

Entre avril et juin 2026, les établissements de crédit de la CEMAC ont accordé 2 903,6 milliards FCFA de nouveaux crédits, contre 3 090,0 milliards FCFA au deuxième trimestre 2025, soit une diminution de 6,03 %. Au premier trimestre 2026, les nouveaux crédits s'élevaient à 2 510,5 milliards FCFA. Leur progression entre les deux premiers trimestres atteint ainsi 15,66 %.

Les banques ont assuré la quasi-totalité de cette distribution, avec 2 891,0 milliards FCFA, soit 99,57 % du montant total. Les établissements financiers n'ont, pour leur part, accordé que 12,6 milliards FCFA. La répartition géographique reste également très concentrée. Le Cameroun a capté 1 824,2 milliards FCFA, représentant 62,83 % des nouveaux crédits octroyés dans la communauté. À l'autre extrémité, la République centrafricaine n'en a reçu que 21,3 milliards FCFA, soit 0,74 % du total.

La ventilation par catégorie de bénéficiaires confirme la prédominance du financement des entreprises. Celles-ci ont obtenu 2 340,2 milliards FCFA, soit 80,60 % des nouveaux crédits accordés au deuxième trimestre 2026. Contrairement à la tendance générale, les financements qui leur sont destinés ont progressé de 5,57 % sur un an.

Les grandes entreprises ont concentré 1 768,6 milliards FCFA de ces concours, contre 571,7 milliards FCFA pour les petites et moyennes entreprises (PME). À l'inverse, les crédits accordés aux particuliers ont diminué de 10,46 %, pour s'établir à 264,1 milliards FCFA. Le repli est encore plus marqué pour les administrations publiques et les collectivités décentralisées, dont les financements ont chuté de 46,15 %, à 289,4 milliards FCFA.

Claude Paul Tjeg 

Publié le 24/10/26 14:42

La Rédaction

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