La géographie pétrolière de la CEMAC se resserre autour de deux pays. Selon l'enquête Reuters publiée le 10 septembre, le Congo a produit environ 270 000 barils de brut par jour en août 2026, contre 220 000 pour le Gabon et seulement 50 000 pour la Guinée équatoriale. Les trois membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) appartenant à la sous-région cumulent ainsi quelque 540 000 barils par jour. À eux seuls, Brazzaville et Libreville en fournissent 490 000, soit 90,7% du total.
Le Congo conserve la première place avec exactement la moitié des volumes du trio, tandis que le Gabon en représente près de 41%. L'écart entre les deux pays n'est plus que de 50 000 barils par jour, alors que la Guinée équatoriale ne pèse plus qu'un peu plus de 9% de cette production cumulée. Autrement dit, pour dix barils extraits par les membres OPEP de la CEMAC en août, environ cinq viennent du Congo, quatre du Gabon et un seulement de Guinée équatoriale. Cette concentration renforce mécaniquement le poids de Libreville et Brazzaville dans l'économie pétrolière régionale.
Cette configuration traduit surtout le recul de la Guinée équatoriale. Le pays avait dépassé les 350 000 barils par jour au milieu des années 2000, porté par la montée en puissance de champs comme Zafiro, Ceiba ou Okume. Deux décennies plus tard, l'épuisement progressif des principaux gisements et l'insuffisance de nouvelles découvertes capables de remplacer les volumes perdus ont profondément réduit son potentiel. Les 50 000 barils par jour estimés par Reuters en août confirment donc l'ampleur d'un déclin qui a progressivement déplacé le centre de gravité pétrolier de la CEMAC vers le Congo et le Gabon.
Mais cette domination repose elle-même sur deux bassins arrivés à maturité. Le Gabon estime que sa production pourrait naturellement reculer d'environ 12% par an sans investissements supplémentaires, tandis que le Congo cherche également à prolonger la durée de vie de ses champs et à mettre en production de nouvelles ressources. La concentration de plus de 90% des volumes régionaux entre ces deux pays constitue donc autant une force qu'une vulnérabilité de la sous-région.
Pour la CEMAC, la question pétrolière se déplace ainsi progressivement du niveau des réserves vers la capacité à renouveler effectivement les barils produits. Les quelque 490 000 barils quotidiens du tandem Congo-Gabon procurent encore à la sous-région une base pétrolière importante, mais l'expérience équato-guinéenne montre à quelle vitesse la hiérarchie peut évoluer lorsque les découvertes ne compensent plus le déclin des champs existants. Le maintien de plus de 90% de l'offre régionale dépend désormais largement des investissements que Libreville et Brazzaville réussiront à attirer dans l'exploration, la récupération améliorée et le redéveloppement de leurs actifs matures.
Idrissa Diakité
Publié le 14/09/26 14:40
La Rédaction
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