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Olam Agri ouvre un nouveau cycle d’investissements en Côte d’Ivoire

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Acquisitions, infrastructures industrielles, transformation locale et développement des chaînes de valeur : Olam Agri accélère ses investissements en Côte d'Ivoire, alors que le groupe entre dans une nouvelle phase de développement avec Saudi Agricultural and Livestock Investment Company (SALIC) comme actionnaire majoritaire.

Et si Olam Agri était en train de changer d'échelle en Côte d'Ivoire ?

L'acquisition d'Asia Africa Rubber Industry (ASAF), finalisée en août 2026, marque l'une des dernières opérations structurantes d'Olam Agri en Côte d'Ivoire. Elle apporte au groupe 176 000 tonnes de capacité annuelle supplémentaire dans la transformation du caoutchouc, portant son dispositif industriel ivoirien à près de 374 000 tonnes par an. En 5 ans, cette capacité aura ainsi été multipliée par plus de 4.

Mais la stratégie d'Olam Agri ne se limite plus à l'extension de ses activités historiques. L'obtention d'un terrain au sein de la Plateforme Économique Industrielle d'Abidjan (PEIA-PK24) ouvre la voie à une nouvelle phase de diversification.

Le groupe affiche une ambition industrielle majeure à travers plusieurs projets structurants à fort potentiel, notamment dans les domaines de la transformation céréalière, de la nutrition animale et de l'aviculture. L'entreprise étudie diverses opportunités d'investissement afin de répondre à une demande nationale en forte croissance, notamment à travers la mise en place d'une minoterie de dernière génération, d'une usine de production d'aliments pour animaux et d'un couvoir doté d'une importante capacité de production.

Ces investissements d'envergure traduisent une vision stratégique résolument tournée vers la création de valeur, l'intégration des filières et le renforcement de la souveraineté alimentaire. S'appuyant sur des capacités de production significatives et des perspectives de croissance particulièrement prometteuses, le groupe se positionnerait comme un acteur de référence au sein des chaînes de valeur alimentaires et agro-industrielles en Côte d'Ivoire, tout en générant d'importantes retombées économiques et sociales pour l'ensemble de l'écosystème.

L'enjeu est aussi agricole. Déjà présent auprès de plus de 20 000 producteurs de coton, Olam Agri dispose d'un maillage lui permettant d'intervenir à différents niveaux des filières, de l'accompagnement des producteurs jusqu'à la transformation et à la commercialisation.

Le développement de l'alimentation animale pourrait notamment favoriser l'émergence d'une chaîne d'approvisionnement davantage intégrée autour du maïs. Une perspective stratégique dans un secteur où les industriels doivent encore recourir aux importations pour couvrir une partie de leurs besoins.

À travers ces projets, Olam Agri cherche donc à consolider simultanément son outil industriel, ses approvisionnements et ses débouchés. Une approche qui renforce son positionnement sur des segments directement liés à la sécurité alimentaire, à la substitution aux importations et à la création de valeur locale.

Un rôle qui dépasse les frontières ivoiriennes

La stratégie ivoirienne prend davantage de relief lorsqu'elle est replacée dans l'empreinte régionale d'Olam Agri. Au Nigeria, au Ghana, au Sénégal et au Cameroun, le groupe est notamment présent dans le blé, la meunerie, l'alimentation animale et la transformation alimentaire.

L'objectif affiché est de développer les capacités locales tout en consolidant les écosystèmes agricoles et industriels qui les alimentent.

La filière blé constitue une illustration concrète de cette approche. Depuis 2019, les programmes de formation de boulangers mis en œuvre par Olam Agri ont permis d'accompagner plus de 10 000 professionnels à travers plusieurs pays africains, dont près de la moitié sont des femmes. Afin d'amplifier cet impact, ces initiatives sont désormais réunies sous la bannière ‘'Baking Brighter Futures'', soutenue par un investissement de 2 millions de dollars destiné à former plus de 20 000 boulangers, propriétaires de boulangeries et futurs entrepreneurs d'ici à 2030. Cette démarche témoigne de l'engagement du groupe en faveur du développement des compétences, de l'entrepreneuriat et de la professionnalisation durable de la filière.

Les formations ne portent pas uniquement sur les techniques de boulangerie. Elles intègrent également la sécurité alimentaire, l'hygiène, la maîtrise des coûts, l'éducation financière, le marketing et l'entrepreneuriat. L'ambition est de renforcer les petites entreprises qui assurent le dernier maillon entre les matières premières et les consommateurs.

Au Sénégal, cette logique s'étend aux vendeuses de produits alimentaires à travers le MAMIE Project, lancé en 2019. Le programme associe kits de démarrage et formations en hygiène, alphabétisation et entrepreneuriat. Il accompagne aujourd'hui 500 femmes, avec une cible de 5 000 bénéficiaires d'ici 2030.

Ces programmes témoignent d'une stratégie qui ne repose pas uniquement sur le capital industriel. Elle vise également à développer les compétences, les capacités entrepreneuriales et les acteurs situés en aval des chaînes de valeur.

Un potentiel d'impact pour la Côte d'Ivoire

La montée en puissance d'Olam Agri intervient alors que la Côte d'Ivoire fait de la transformation locale et de l'industrialisation agricole des priorités de son Plan National de Développement (PND) 2026-2030.

Le PND entend notamment accélérer la transformation des matières premières, renforcer les chaînes de valeur, développer le capital humain et accroître la contribution du secteur privé à l'investissement. Ce dernier devrait représenter plus de 70% des investissements prévus dans le cadre de ce Plan.

Les orientations d'Olam Agri apparaissent, sur plusieurs segments, en cohérence avec cette trajectoire. Meunerie, alimentation animale, aviculture, transformation du caoutchouc, développement des filières agricoles et renforcement des capacités industrielles participent à un même mouvement : produire et transformer davantage de valeur sur le territoire ivoirien.

L'effet potentiel se situe à plusieurs niveaux. L'accroissement des capacités industrielles peut stimuler la demande adressée aux producteurs locaux, rapprocher les unités de transformation des bassins agricoles et favoriser l'émergence d'activités connexes. Il peut également soutenir l'emploi et les revenus tout au long des chaînes de valeur.

Pour la Côte d'Ivoire, l'enjeu est donc plus large que l'expansion d'un acteur industriel. Il réside dans la capacité à faire émerger des chaînes de valeur plus intégrées, à réduire certaines dépendances aux importations et à accroître la valeur ajoutée captée localement.

Une nouvelle phase avec SALIC

Cette accélération s'inscrit dans un contexte actionnarial profondément renouvelé, marqué par la prise de participation majoritaire de la Saudi Agricultural and Livestock Investment Company (SALIC), qui détient désormais 81,81% du capital d'Olam Agri Groupe.

Cette nouvelle configuration intervient alors que le groupe dispose d'un portefeuille couvrant notamment le coton, le caoutchouc, les céréales, la meunerie, l'alimentation animale et différentes activités agroalimentaires.

En Côte d'Ivoire, cette nouvelle phase se matérialise déjà par une combinaison d'acquisitions, d'investissements industriels et de diversification des chaînes de valeur.

De la transformation du caoutchouc et du coton aux projets dans le blé, l'alimentation animale et l'aviculture, Olam Agri cherche ainsi à densifier progressivement son empreinte agro-industrielle. Si les projets annoncés se concrétisent, le groupe pourrait renforcer encore son rôle dans l'écosystème alimentaire ivoirien, tout en s'inscrivant dans l'ambition nationale de faire de la transformation locale un moteur de la prochaine phase de croissance.

Publié le 14/09/26 15:24

La Rédaction

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