Le coût des financements à moyen et long terme s'est nettement renchéri sur le marché des titres publics de la CEMAC au deuxième trimestre 2026. Selon le rapport de politique monétaire de la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC), entre mars et juin, le rendement moyen pondéré des obligations du Trésor assimilables (OTA) est passé de 8,74 % à 11,03 %, soit une hausse de 2,29 points de pourcentage en trois mois. Cette progression contraste avec l'évolution des bons du Trésor assimilables (BTA), dont le rendement moyen est légèrement revenu de 6,89 % à 6,81 % sur la même période.
Cette remontée ramène ainsi le rendement des OTA à un niveau proche de celui observé un an plus tôt. En juin 2025, le coût moyen d'émission de ces titres s'établissait à 11,11 %. En l'espace d'un an, le rendement des instruments obligataires a donc gagné 229 points de base, tandis que celui des titres à court terme a légèrement reculé.
Cette remontée du coût des financements intervient dans un contexte marqué par la progression continue des besoins de financement des États sur le marché régional. Selon les données de la BEAC, l'encours global des valeurs du Trésor de la CEMAC est passé de 9 625,1 milliards de FCFA en mars 2026 à 10 219,3 milliards de FCFA en juin, soit une progression de 6,2 % en trois mois. Sur un an, l'augmentation atteint 17,8 %, l'encours s'établissant à 8 672,4 milliards de FCFA en juin 2025.
Cette progression s'accompagne d'une concentration accrue de l'endettement sur les maturités longues. À fin juin 2026, les OTA représentaient 81,1 % de l'encours des valeurs du Trésor, contre 82,1 % trois mois auparavant et 79,5 % un an plus tôt. Leur poids demeure ainsi largement supérieur à celui des BTA, davantage utilisés pour couvrir les besoins de trésorerie à court terme.
Le rapport de la BEAC met également en évidence une hausse du poids de ces titres dans l'économie régionale. L'encours des valeurs du Trésor rapporté au PIB de la CEMAC atteignait 12,9 % en juin 2026, contre 12,3 % en mars et 11,5 % un an auparavant. Autrement dit, le recours au marché régional des titres publics progresse à la fois en valeur absolue et relativement à la taille de l'économie communautaire.
Cette montée en puissance du marché obligataire intervient par ailleurs dans un environnement où les banques demeurent les principales détentrices de la dette publique régionale. À fin juin 2026, elles détenaient 75,1 % de l'encours total des titres publics, contre 76,8 % trois mois auparavant. Les spécialistes en valeurs du Trésor (SVT), qui constituent une composante majeure de cette catégorie, en détenaient à eux seuls 63,6 %, contre 64,7 % en mars.
À l'inverse, la part des investisseurs institutionnels a progressé sur la période, passant de 19,1 % à 20,7 %. Cette catégorie regroupe notamment les compagnies d'assurance, les fonds de pension ainsi que les caisses de dépôts et consignations. La participation des personnes physiques demeure, pour sa part, marginale, avec seulement 3,7 % de l'encours à fin juin.
Claude Paul Tjeg
Publié le 05/10/26 16:45
La Rédaction
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CEMAC