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CEMAC : Les banques autorisées à prêter de l’argent à 40 entreprises au-delà du plafond règlementaire

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La BRVM Ouvre dans 14h41min

La COBAC, gendarme bancaire dans la CEMAC, a publié une mise à jour de sa liste "d'entreprises de grand standing et d'importance nationale ou dont le poids dans l'économie est particulièrement élevé". Il s'agit au total de 40 sociétés en activité dans la région, dont 14 du Gabon, 11 du Cameroun, 8 du Congo, 4 du Tchad et 3 de la Guinée Équatoriale. Elles ont été sélectionnées sur une liste de 57 entreprises proposées par les Associations des professionnels d'Établissements de crédits (APEC) de leurs pays respectifs et bénéficieront de ce statut tout au long de l'exercice 2025.

On retrouve dans ce club très sélect, des multinationales (Total Gabon, MTN Cameroun et Congo, Moov Africa Tchad, Afrijet, CIMAF Gabon…), des sociétés à capitaux majoritairement publics (Sogara, Port autonome de Douala, Sodecoton, SNPC, FGIS, Sogara…) et des privés locaux tels que le Tradex, Prometal, Neptune Oil… Parmi les sociétés qui n'ont pas été retenus il y'a la Sonara, Congelcam, SUCAF, SEEG, Sogea Satom… Le motif en général est la non-certification des états financiers et un déficit des principaux indicateurs financiers. Concernant la société Congelcam, leader des importations de poissons congelés au Cameroun, le régulateur explique que tous ses indicateurs en 2024 étaient au vert, mais qu'elle a été mise à l'écart en raison d'un contentieux qui l'oppose aux autorités portuaires du pays.

Plus de marge de manœuvre pour obtenir des financements

Le statut de “grand standing et d'importance nationale” est particulièrement prisé, car il confère aux entreprises qui le détiennent, la capacité de mobiliser plus de financements auprès du système bancaire que les autres. En matière de couverture de risques, la COBAC s'est dotée depuis 2010 d'un règlement relatif à la division des risques des établissements de crédit. Ce dispositif, qui a été actualisé en 2020, définit des taux de pondération pour les provisions à constituer par les banques pour couvrir tout risque de crédit. Ces taux oscillent entre 0% ;25% ; 50% ; 75% et 100% du montant accordé, selon le profil de risque du créancier. En gros, le plafond de prêts qu'une banque peut accorder aux agents économiques se situe au niveau de sa capacité à couvrir cela par ses fonds propres.

Ainsi, pour les entreprises “grand standing et d'importance nationale” la COBAC donne la possibilité aux banques de dépasser ce plafond. L'article 7 du règlement de 2020, stipule en effet que les quotités relatives aux risques encourus sur ces entreprises peuvent être réduites de 25%. Cela signifie qu'en prêtant de l'argent à l'une de ces sociétés, les banques de la CEMAC auront moins de contraintes en termes de constitution de fonds propres comparativement à d'autres débiteurs. Ainsi, elles ont la possibilité d'obtenir plus de prêts bancaires à des conditions beaucoup plus favorables pour financer leur trésorerie et leurs projets de développement.

Précisons également que le nombre de structures retenu pour 2025 représente presque le double de ceux qui en avaient bénéficié en 2024 (21). Cela peut traduire une volonté du régulateur de doper l'offre de financements au profit d'un secteur productif qui, ces dernières années, a été évincé auprès des guichets bancaires par les États à travers le marché des titres publics. Pour inverser cette tendance qui freine la croissance et accélère l'endettement non maîtrisé des pays de la région, la COBAC a durci les conditions pour ces derniers afin d'atténuer les risques qu'ils pèsent aujourd'hui sur le système bancaire régional.

Cédrick JIONGO

Publié le 24/12/24 13:38

La Rédaction

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