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CEMAC : Les crédits en souffrance des microfinances bondissent à 236,8 milliards FCFA en 2025, soit 20,5 % de l’encours des prêts

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Les établissements de microfinance (EMF) de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) font face à une dégradation croissante de la qualité de leur portefeuille de crédits. Selon le rapport annuel 2025 de la Commission bancaire de l'Afrique centrale (COBAC), les créances en souffrance atteignent 236,8 milliards FCFA au 31 décembre 2025, en hausse de 33,2 % sur un an. Elles représentent désormais 20,5 % de l'encours des crédits bruts du secteur, contre 17,1 % à fin 2024.

Entre 2020 et 2025, les créances en souffrance ont presque doublé, passant de 122,6 à 236,8 milliards FCFA. La dégradation s'est particulièrement accentuée en 2025, avec une augmentation de 59 milliards FCFA sur l'année, après une progression d'environ 14 milliards FCFA en 2024.

L'analyse par catégorie de créances révèle une progression particulièrement marquée des crédits impayés. Ceux-ci passent de 38,8 milliards FCFA en 2024 à 62,1 milliards FCFA en 2025, soit une hausse de 59,8 %. Les créances douteuses, qui constituent la principale composante des crédits en difficulté, augmentent également de manière significative, passant de 130,5 à 166,9 milliards FCFA, soit une progression de 27,9 %. À l'inverse, les créances immobilisées reculent légèrement, de 8,4 à 7,8 milliards FCFA.

La prédominance des créances douteuses confirme l'ampleur des difficultés de remboursement auxquelles sont confrontées les institutions de microfinance. À fin 2025, elles représentent 70,5 % de l'ensemble des créances en souffrance. Face à cette situation, les établissements renforcent leurs provisions pour couvrir les risques de non-recouvrement. Celles-ci atteignent 104,2 milliards FCFA, contre 82,2 milliards FCFA un an plus tôt, soit une hausse de 26,8 %.

Cette augmentation reste toutefois inférieure à celle des créances en souffrance. Après déduction des provisions, le montant des créances en difficulté s'élève ainsi à 132,6 milliards FCFA, contre 95,6 milliards FCFA en 2024, soit une progression de 38,7 %. Autrement dit, malgré le renforcement des réserves destinées à absorber les pertes potentielles, le volume des risques résiduels continue de s'alourdir.

Cette évolution se reflète dans les indicateurs de qualité du portefeuille. Le taux net de dégradation passe de 9,2 % en 2024 à 11,4 % en 2025. Dans le même temps, le taux de provisionnement des créances douteuses recule de 63 % à 62 %. La hausse des provisions ne permet donc pas de suivre le rythme de progression des créances à risque, ce qui accentue la pression sur la solidité financière des établissements concernés.

Cette dégradation intervient dans un contexte de progression de l'activité de crédit. À fin 2025, l'encours des crédits bruts distribués par les institutions de microfinance des six pays de la CEMAC s'établit à 1 157,9 milliards FCFA, contre 1 039,4 milliards FCFA un an auparavant, soit une hausse de 11,4 %.

La croissance des créances en souffrance, qui atteint 33,2 % sur la même période, est ainsi près de trois fois supérieure à celle de l'encours des crédits.

Claude Paul Tjeg 

Publié le 24/10/26 14:47

La Rédaction

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