Le marché des valeurs du Trésor confirme son rôle central dans le financement des États de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac). D'après le Rapport sur la politique monétaire publié par la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) en juin 2026, les émissions réalisées entre mars 2025 et mars 2026 ont permis aux six pays de l'union monétaire de mobiliser 6 764,7 milliards FCFA, contre 5 699,9 milliards FCFA un an plus tôt. Cela représente une progression de 1 064,8 milliards FCFA, soit une hausse de 18,7 %. Dans le détail, 3 283 milliards FCFA ont été levés sous forme de bons du Trésor assimilables (BTA), tandis que les obligations du Trésor assimilables (OTA) ont permis de mobiliser 3 481,7 milliards FCFA.
Les émissions de court terme dominent toujours le marché
Les BTA à 52 semaines sont demeurés le principal instrument de financement à court terme. Avec 1 161,9 milliards FCFA levés, ils représentent 35,4 % de l'ensemble des émissions de cette catégorie. La Guinée équatoriale y a consacré 83,7 % de ses émissions de BTA, devant le Cameroun (51 %) et le Tchad (40,2 %).
Les BTA à 26 semaines arrivent en deuxième position avec 1 097,8 milliards de FCFA mobilisés. Le Congo y a levé 365,6 milliards FCFA, le Cameroun 351 milliards FCFA et le Gabon 296,4 milliards FCFA. Les émissions à 13 semaines totalisent, quant à elles, 1 023,4 milliards de FCFA, principalement portées par le Congo (699,5 milliards FCFA), devant le Gabon (230,1 milliards FCFA) et le Cameroun (93,8 milliards FCFA).
Le compartiment des obligations a également enregistré une forte activité. Au total, 253 émissions d'OTA ont permis de mobiliser 3 481,7 milliards FCFA. Le Gabon arrive en tête avec 1 381,5 milliards FCFA, notamment grâce à des opérations de titrisation. Il est suivi du Congo (807,1 milliards FCFA), du Tchad (529,7 milliards FCFA), du Cameroun (392,4 milliards FCFA), de la République centrafricaine (195,1 milliards FCFA) et de la Guinée équatoriale (176 milliards FCFA).
Selon la BEAC, les obligations à trois ans ont concentré le volume le plus important, avec 1 020,4 milliards de FCFA levés, devant celles à deux ans (941,5 milliards FCFA). Les maturités de 5 ans ont représenté 494,6 milliards FCFA, tandis que celles de quatre ans ont totalisé 430,6 milliards FCFA. À elles seules, ces quatre échéances ont absorbé 84,5 % des montants mobilisés sur le compartiment des OTA. À l'inverse, les émissions à 10 et 15 ans, réalisées exclusivement par le Cameroun, n'ont représenté que 1,2 % du volume total.
La structure de détention des titres publics demeure, par ailleurs, largement dominée par les spécialistes en valeurs du Trésor (SVT). À fin mars 2026, ces derniers détenaient 64,7 % de l'encours des titres publics. Les investisseurs institutionnels, notamment les compagnies d'assurance, les fonds de pension et les caisses de dépôts et consignations, en détenaient 19,1 %. Les établissements de crédit non agréés comme SVT représentaient 12,1 % des positions, contre 3,2 % pour les personnes physiques. La BEAC conservait encore 0,87 % de l'encours, correspondant aux titres acquis dans le cadre de son programme exceptionnel de rachat mis en place pendant la crise de la Covid-19.
Paul Tjeg
Publié le 02/07/26 16:59
La Rédaction
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