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CEMAC : L’inflation poursuit sa décrue et devrait repasser sous la norme communautaire en 2025

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La Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) prévoit un taux d'inflation moyen de 2,6 % en 2025 dans la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC), en deçà du seuil communautaire de 3 %. C'est ce qui ressort du rapport sur la politique monétaire publié par l'institution ce 29 septembre. Selon la BEAC, cette évolution marque une rupture avec la tendance observée depuis 2022, où l'inflation dépassait largement la norme fixée dans l'espace communautaire.

D'après la banque centrale, l'inflation sous-régionale a poursuivi son ralentissement en 2025. En moyenne annuelle, elle est passée de 4,6 % en juin 2024 à 3,5 % en juin 2025. En glissement annuel, elle a reculé à 2,0 % en juin 2025, contre 4,5 % un an plus tôt.

Cette amélioration résulte en partie du reflux de l'inflation mondiale, sous l'effet de la baisse prolongée des prix de l'énergie, qui a compensé la hausse des prix alimentaires (lait et viande). La BEAC mentionne également la diminution du coût du fret maritime depuis le début de 2025, après une flambée exceptionnelle en 2024.

Cependant, certains facteurs ont continué d'alimenter les tensions. La banque centrale souligne notamment le renchérissement des importations camerounaises en provenance du Nigéria, lié à l'appréciation du naira face au franc CFA.

Sur le plan domestique, le recul de l'inflation est largement attribué au ralentissement des prix alimentaires et des transports. Plusieurs pays, dont le Congo, la Guinée équatoriale, le Tchad et, dans une moindre mesure, le Cameroun, ont bénéficié de bonnes campagnes agricoles. De plus, les prix des carburants à la pompe se sont stabilisés depuis plus d'un an dans la plupart des pays de la CEMAC, avec même une baisse en République centrafricaine.

La banque centrale note toutefois que la fermeté de la consommation privée, alimentée par la hausse des salaires publics et les revenus tirés du cacao et de l'or, a entretenu une certaine pression sur les prix.

La situation reste hétérogène selon les pays. À fin juin 2025, le Cameroun, qui représente 52 % de la consommation de la zone, affiche un taux d'inflation de 3,2 % en glissement annuel, contribuant pour 88,4 points à l'inflation sous-régionale. Le Congo (16,2 points), la Guinée équatoriale (11,8 points), le Gabon (8,4 points) et la Centrafrique (1,9 point) suivent loin derrière. Le Tchad, en revanche, a contribué à réduire l'inflation régionale (-26,8 points).

La banque centrale relève que, malgré le reflux observé, la CEMAC continue d'afficher des différentiels d'inflation défavorables par rapport à plusieurs partenaires. En glissement annuel à fin juin 2025, l'écart est de 1,4 point avec l'UEMOA (contre 0 un an plus tôt), de 0,2 point avec la zone euro (contre 1,9 point) et de 2,0 points avec la Chine (contre 4,5 points). Face aux États-Unis, le différentiel est désormais nul (contre 2,7 points en 2024). Seul le Nigéria présente encore un différentiel favorable à la CEMAC (-20 points, après -29,7 points un an plus tôt).

Perton Biyiha

Publié le 06/10/25 11:32

La Rédaction

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