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CEMAC/bassin du lac Tchad : les arriérés des États fragilisent le financement des organisations régionales

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Dans plusieurs organisations régionales d'Afrique centrale, les contributions financières des États membres ne suivent plus le rythme des engagements institutionnels. Entre la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) et la Commission du bassin du lac Tchad (CBLT), les arriérés accumulés atteignent désormais des montants qui interrogent la capacité de ces structures à assurer leurs missions.

Réunis à N'Djaména en fin de semaine dernière, pour la 71ᵉ session ordinaire du Conseil des ministres de la Commission du bassin du lac Tchad, les responsables de l'institution ont remis sur la table la question sensible du financement. Le ministre tchadien de l'Eau et de l'Énergie, Passalé Kanabé Marcelin, qui préside actuellement le Conseil des ministres de la CBLT, a indiqué que l'organisation cumule aujourd'hui plus de 19 milliards de francs CFA d'arriérés de contributions de la part de ses États membres.

Selon lui, cette situation limite les marges d'action du secrétariat exécutif de l'institution, chargé de coordonner les programmes de gestion de l'eau, de préservation des écosystèmes et de coopération régionale autour du lac Tchad. Le responsable tchadien a insisté sur la nécessité de normaliser la situation financière de l'organisation afin de permettre la mise en œuvre effective des projets destinés aux populations du bassin.

Créée en 1964 par le Cameroun, le Niger, le Nigeria et le Tchad, la Commission du bassin du lac Tchad a progressivement élargi son périmètre avec l'adhésion de la République centrafricaine en 1996 et de la Libye en 2008. L'Égypte, la République du Congo et la République démocratique du Congo disposent d'un statut d'observateur. L'organisation intervient dans une région confrontée à une combinaison de crises environnementales et sécuritaires.

Ce rappel sur les finances intervient dans un contexte où le bassin du lac Tchad fait face à une réduction continue de la surface du lac, à des épisodes de sécheresse et d'inondations de plus en plus fréquents, ainsi qu'à des tensions entre agriculteurs et éleveurs. À ces difficultés s'ajoute l'instabilité sécuritaire liée aux activités de groupes armés dans certaines zones riveraines.

Pour soutenir les programmes de restauration écologique et économique du bassin, la Banque africaine de développement a signé en mars 2025 à N'Djaména un accord de don de 10,2 millions de dollars avec la CBLT. Selon la Banque africaine de développement, ce financement doit soutenir le projet d'appui technique à la restauration des fonctions écologiques et économiques du bassin du lac Tchad.

La question du financement ne concerne pas uniquement la CBLT. Dans la zone CEMAC, l'état des comptes de la Commission communautaire révèle une situation encore plus préoccupante. Les données consolidées par l'institution montrent que les arriérés de contributions des six États membres au titre de la Taxe communautaire d'intégration atteignaient 263,38 milliards de francs CFA au 31 décembre 2025.

Dans le détail, la République centrafricaine arrive en tête des arriérés avec 61,8 milliards de francs CFA en attente de reversement. Le Cameroun suit avec 59,98 milliards, devant le Congo avec 52,2 milliards. Le Tchad affiche pour sa part 49,1 milliards, tandis que la Guinée équatoriale cumule 34,1 milliards. Le Gabon présente la dette la plus faible avec 6,1 milliards de francs CFA.

Perton Biyiha

Publié le 09/03/26 13:20

La Rédaction

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