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Choc pétrolier : 65 pays pauvres face à un surcoût d’importation de 20 milliards USD, selon la CNUCED

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Les tensions autour du détroit d'Ormuz, l'un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde, ravivent une vulnérabilité structurelle majeure de l'économie mondiale. Dans un nouveau rapport, la CNUCED alerte sur l'impact disproportionné des chocs pétroliers sur les économies les plus fragiles, déjà fortement affectées par la pauvreté, la dette et la dépendance aux importations énergétiques.

‘'Les économies vulnérables supportent le plus lourd fardeau des chocs sur les prix du pétrole'', souligne l'organisation onusienne, dans cette édition de sa série de suivi consacrée aux perturbations du commerce mondial.

Un corridor stratégique au cœur des tensions mondiales

Avant les récents épisodes de perturbation, le détroit d'Ormuz concentrait près d'un cinquième des expéditions mondiales de pétrole. Depuis le début des tensions le 28 février, les prix du brut ont connu une forte accélération, entraînant un renchérissement généralisé des coûts de transport, de logistique et de production à l'échelle internationale.

Mais l'effet est loin d'être uniforme. Il se révèle particulièrement sévère pour les pays les moins avancés et les petits États insulaires en développement, deux catégories au cœur de l'analyse de la CNUCED.

65 pays importateurs nets pris dans un piège structurel

Sur les 75 économies vulnérables étudiées, 65 sont importatrices nettes de pétrole. Leur dépendance est d'autant plus critique qu'elle porte principalement sur les produits pétroliers raffinés, plus coûteux et plus exposés aux fluctuations de marché.

Ces économies représentent près d'un milliard d'habitants, dont plus de 30% vivent avec moins de 3 dollars par jour. Une donnée qui montre l'ampleur sociale du choc énergétique en cours.

Un impact budgétaire estimé à plus de 20 milliards USD

Selon la CNUCED, une hausse soutenue de 50% des prix des produits pétroliers raffinés entraînerait une augmentation de plus de 20 milliards de dollars de la facture annuelle d'importation de ces pays.

Dans le détail, les pays les moins avancés devraient absorber environ 16 milliards de dollars supplémentaires, tandis que les petits États insulaires en développement supporteraient une charge additionnelle de 4 milliards de dollars, en supposant que les quantités importées restent au niveau de 2024.

‘'Une hausse soutenue de 50% des prix des produits pétroliers raffinés pourrait augmenter leur facture annuelle nette d'importation de plus de 20 milliards de dollars'', précise le rapport de la CNUCED.

Des économies sous pression extrême, jusqu'à 7,3% du PIB

L'impact macroéconomique est encore plus saisissant dans certains pays. La hausse des coûts pétroliers pourrait représenter plus de 5% du PIB dans plusieurs économies, avec des niveaux particulièrement élevés en Mauritanie (7,3%), en Gambie (6,3%), au Vanuatu (5,8%), aux Maldives (5,2%) et au Burkina Faso (5%).

Ces chiffres traduisent une contrainte budgétaire aiguë, obligeant les États à arbitrer entre importations essentielles, stabilité macroéconomique et financement du développement.

Dans certains cas, la dépendance aux approvisionnements en provenance du Golfe complique encore la situation, en ajoutant un impératif de diversification rapide des sources énergétiques.

Une transmission en chaîne au-delà du seul secteur énergétique

Le rapport insiste sur un point clé : le choc pétrolier ne se limite pas à une hausse du prix du carburant. Il se diffuse à l'ensemble de l'économie réelle.

Les coûts de transport et de fret augmentent, alimentant une inflation importée qui érode le pouvoir d'achat des ménages. Les finances publiques, dont les marges de manœuvre sont déjà très limitées dans de nombreux pays à faible revenu, se détériorent davantage, tandis que la croissance économique risque de ralentir sous l'effet combiné du renchérissement des intrants et de la contraction de la demande.

Une alerte sur la fragilité systémique de l'économie mondiale

Au-delà de la conjoncture, la CNUCED met en lumière une tendance structurelle : les tensions géopolitiques produisent désormais des chocs économiques prolongés, bien au-delà de leur zone d'origine.

La question centrale n'est plus seulement la réaction immédiate des marchés, mais la capacité des économies les plus fragiles à absorber des chocs successifs sans compromettre leurs trajectoires de développement.

Dans ce contexte, l'organisation onusienne insiste sur la nécessité de renforcer les dispositifs d'alerte précoce et les mécanismes de résilience économique.

Publié le 09/06/26 18:47

La Rédaction

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