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Climat : Comment la BAD a transformé 1,1 milliard USD en 11,7 milliards USD d’investissements verts en Afrique

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En 15 ans de coopération, la Banque africaine de développement (BAD) et les Climate Investment Funds (CIF) ont progressivement bâti l'un des plus puissants mécanismes de financement climatique du continent.

Ce partenariat est désormais marqué une situation financière robuste : 1,1 milliard USD de ressources concessionnelles ont permis de mobiliser près de 11,7 milliards USD d'investissements climatiques en Afrique, selon le rapport ‘'15 Years of Partnership, Delivering Climate Action in Africa''.

Une performance qui traduit la montée en puissance de nouveaux modèles de financement du climat, alors que les économies africaines cherchent à concilier industrialisation, accès à l'énergie et adaptation au dérèglement climatique.

Le chiffre résume à lui seul l'efficacité du dispositif : ‘'pour chaque dollar investi par le CIF, près de 10 dollars supplémentaires ont été mobilisés'', souligne le rapport. Un effet de levier particulièrement scruté à l'heure où les besoins de financement climatique du continent africain se chiffrent en centaines de milliards de dollars.

Une machine financière désormais bien rodée

Depuis le lancement de leur collaboration, la BAD et les CIF ont soutenu 52 plans d'investissement dans 28 pays africains, avec une couverture géographique particulièrement large allant de la Côte d'Ivoire au Kenya, en passant par le Maroc, l'Afrique du Sud, le Nigeria, l'Éthiopie ou encore la Tunisie.

Au total, 48 projets ont été approuvés, dont 20 déjà entièrement achevés. Vingt-cinq (25) subventions ont été accordées pour préparer de futurs projets, quand 21 nouveaux projets restent encore en attente d'approbation.

L'architecture financière du partenariat repose sur 3 piliers : 1,1 milliard USD apportés par les CIF ; 2,5 milliards USD mobilisés par la BAD ; et 9,2 milliards USD provenant d'autres partenaires financiers.

Cette structuration montre l'évolution du rôle des banques multilatérales de développement, qui ne se limitent plus à financer directement les projets mais servent désormais de catalyseurs pour attirer capitaux privés et financements institutionnels.

Le secteur public domine encore largement

Malgré les discours sur la mobilisation du capital privé, les chiffres montrent que les États restent les principaux moteurs de la transition climatique africaine.

Sur l'ensemble des financements mobilisés, 74% proviennent du secteur public, soit 2,64 milliards USD. Le secteur privé ne représente que 26%, soit 952 millions USD.

Cette répartition met en lumière une fragilité persistante : les investisseurs privés demeurent encore prudents face aux risques réglementaires, monétaires et politiques de nombreux marchés africains.

Plus de 2 000 MW installés mais le potentiel reste immense

Sur le terrain, les résultats commencent à devenir tangibles. Le partenariat revendique déjà 2 063 MW de capacités renouvelables installées ; 272 797 hectares de terres gérés durablement ; 121 984 emplois verts créés ; 1,43 million de personnes protégées face aux impacts climatiques.

Sur ce dernier indicateur, les performances dépassent même les prévisions initiales. Le rapport souligne que 1,43 million de personnes ont été accompagnées face aux effets du changement climatique, contre un objectif initial de 1,12 million, soit une surperformance notable.

Autre donnée particulièrement significative : plus de 93 millions de tonnes d'émissions de CO₂ ont été évitées, un volume qui témoigne de l'impact croissant des projets soutenus sur la décarbonation du continent.

Le solaire et les énergies propres captent l'essentiel des financements

Sans surprise, le Clean Technology Fund (CTF) concentre la plus grande part des engagements financiers.

Avec 15 projets approuvés, ce programme totalise à lui seul 2,78 milliards USD, dont 715 millions USD issus du CIF ; 2,06 milliards USD financés par la BAD.

Derrière lui, le Forest Investment Program affiche 241 millions USD. Le Pilot Program for Climate Resilience atteint 143 millions USD. Le programme Scaling Up Renewable Energy mobilise 356 millions USD.

Les nouveaux programmes consacrés à l'intégration énergétique et à la préservation des écosystèmes montent également en puissance.

Les projets couvrent une large diversité technologique : solaire, éolien, hydroélectricité, géothermie, efficacité énergétique, solutions hybrides, gestion forestière et transition hors charbon.

Une équation stratégique pour l'Afrique

Au-delà des chiffres, ce partenariat traduit une transformation plus profonde : l'Afrique tente de bâtir son propre modèle de transition climatique sans sacrifier sa croissance.

Le défi reste colossal. Le continent ne représente qu'une faible part des émissions mondiales mais subit de plein fouet les conséquences du dérèglement climatique.

Dans ce contexte, la BAD cherche clairement à se positionner comme l'un des architectes financiers majeurs de cette transition.

Le message du rapport est sans ambiguïté : ‘'accélérer les transitions énergétiques propres, renforcer la résilience climatique et débloquer des opportunités de développement durable''.

Publié le 27/04/26 10:13

Dr Ange Ponou

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