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Climat : Les banques de développement ont porté leurs financements à 163 milliards USDen 2025

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Rarement une tempête annonce son arrivée. Le ‘'super El Niño'', lui, a pris la peine de prévenir. Cet épisode de réchauffement exceptionnel du Pacifique, qui dérègle pluies et sécheresses à l'échelle de la planète, pourrait coûter jusqu'à 20 milliards de dollars à l'économie africaine, avertit le responsable climat de la Banque africaine de développement (BAD).

Le choc survient alors que de nombreux États ploient déjà sous le service de leur dette. D'où le mot d'ordre d'Anthony Nyong, directeur du climat à la BAD : la finance climatique doit produire des résultats concrets.

La finance climatique désigne les financements consacrés à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à s'adapter à leurs effets. En 2025, les banques multilatérales de développement en ont fourni 163 milliards de dollars, en hausse de 19%, dont 103 milliards de dollars (+21%) aux pays à revenu faible et intermédiaire. Des montants historiques, mais qui ne disent rien de leur répartition sur le continent.

Du sol au kilowatt

La BAD cite plusieurs projets qui donnent à ces chiffres un contenu tangible. Au niveau de l'énergie solaire, on note le financement de 66 millions de dollars pour la centrale de Dandara, dans le sud de l'Égypte (500 mégawatts, assortis de 100 MWh de stockage par batteries), pour un coût total supérieur à 290 millions. Le solde sera levé auprès d'un consortium d'institutions de financement du développement.

Ensuite, 20 millions de dollars de dons remboursables ont été destinés à 4 projets consacrés à l'hydrogène vert en Afrique du Sud, en Égypte, au Maroc et en Namibie. Ce carburant propre est produit par électrolyse de l'eau avec de l'électricité renouvelable.

S'agissant de la mobilité verte, 13,46 millions de dollars ont été octroyés par le Fonds pour l'environnement mondial pour élargir un mécanisme qui mobilise le privé grâce au financement mixte. Celui-ci associe argent public à conditions douces et capitaux privés, afin de réduire le risque des investisseurs. Il s'appuie aussi sur le rehaussement de crédit, une garantie qui rend l'emprunteur plus fréquentable.

Dans le Bassin du Zambèze, un programme régional de 130 millions de dollars a été mis en place, réunissant 8 pays autour de la sécurité alimentaire et de la résilience des écosystèmes.

Enfin, les Seychelles bénéficient d'un prêt de 34 millions de dollars pour renforcer la résilience économique et accélérer la transition verte.

Restaurer les terres, un enjeu d'investissement

À la COP17 de la lutte contre la désertification, tenue à Oulan-Bator, la BAD a plaidé pour davantage de capitaux en faveur des terres dégradées, notamment dans les zones fragiles ou en conflit. L'enjeu est de convertir la ‘'neutralité en matière de dégradation des terres'', qui consiste à compenser chaque hectare perdu par un hectare restauré, en investissements bancables.

La Grande Muraille verte, ceinture végétale destinée à endiguer l'avancée du désert, entre pour sa part dans une phase de mise en œuvre jusqu'en 2034.

Le calendrier diplomatique fixera bientôt l'ampleur des engagements : la COP17 sur la biodiversité à Erevan, du 19 au 30 octobre, puis la COP31 sur le climat à Antalya, du 9 au 20 novembre. L'Afrique y viendra avec une exigence simple : que les milliards annoncés se transforment en routes, en réseaux électriques et en récoltes.

Publié le 08/10/26 13:23

Dr Ange Ponou

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