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Congo : 10% d’exonérations fiscales en plus en 2025, l'État renonce à 699 milliards FCFA d'impôts dont 409 milliards au profit des pétroliers

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Au 31 décembre 2025, les recettes fiscales collectées par l'État congolais se sont élevées à 1 026,5 milliards FCFA, pour une prévision rectifiée de 1 075,3 milliards FCFA, soit un taux de réalisation de 95,5%. Dans le même temps, le montant total des exonérations fiscales accordées par l'État atteint 699 milliards FCFA, soit l'équivalent de plus des deux tiers des recettes fiscales réellement mobilisées sur l'exercice. Ces recettes fiscales se décomposent en 832,5 milliards FCFA d'impôts et taxes intérieurs (93,1% de la prévision) et 194 milliards FCFA de droits et taxes de douane (107,2%). Comparées à 2024, où elles atteignaient 946,6 milliards FCFA, ces réalisations affichent une progression de 8,4% sur l'ensemble de l'exercice.

Les exonérations dont il est question sont en hausse de 10,2% par rapport à 2024, où elles s'établissaient à 634,4 milliards FCFA. Ce rythme de progression dépasse celui des recettes fiscales elles-mêmes, qui ont crû de 8,4% sur la période, révélant un écart croissant entre le potentiel fiscal théorique de l'État et les ressources qu'il choisit effectivement de mobiliser. Rapportée aux recettes fiscales collectées, l'enveloppe d'exonérations de 699 milliards FCFA représente ainsi près de 68% des sommes effectivement perçues par le Trésor public, un ratio en légère aggravation par rapport à 2024.

Le secteur pétrolier concentre l'essentiel de cet effort budgétaire consenti par l'État. Les exonérations qui lui sont dues atteignent 409,4 milliards FCFA, contre 372,8 milliards en 2024 (+9,8%), soit près de 59% du total des exonérations accordées sur l'année. Ce montant représente à lui seul près de 40% des recettes fiscales totales collectées en 2025, illustrant le poids budgétaire du régime fiscal dérogatoire appliqué à ce secteur. Les exonérations réglementaires, qui regroupent notamment les exonérations douanières et la contribution de l'État à l'investissement, s'élèvent quant à elles à 285,6 milliards FCFA (+10,6%).

Le détail de cette catégorie montre également des dynamiques contrastées. Les exonérations réglementaires douanières progressent fortement, à 201,8 milliards FCFA contre 171,1 milliards en 2024, soit une hausse de 18%. À l'inverse, la contribution de l'État à l'investissement recule légèrement, à 83,8 milliards FCFA contre 87,3 milliards l'année précédente (-3,9%). Les exonérations exceptionnelles, catégorie la plus marginale, progressent quant à elles de 20,6% pour s'établir à 4 milliards FCFA, contre 3,3 milliards FCFA en 2024.

Ces chiffres interviennent alors que les droits et taxes de douane, eux, dépassent leur objectif annuel avec 194 milliards FCFA recouvrés pour une prévision de 181 milliards (107,2%), contre 175,6 milliards FCFA (94,4%) une année auparavant. Selon les données croisées de la Direction Générale du Budget et de la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects (DGB-DGDDI), l'équation budgétaire de 2025 confirme un paradoxe suivi de près par les opérateurs économiques.

Idrissa Diakité

Publié le 17/07/26 16:53

La Rédaction

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