Le Congo veut s'appuyer sur la Chine pour faire avancer six grands projets dans les infrastructures et l'industrie. Au programme figurent notamment le corridor 13, la réhabilitation du Chemin de fer Congo-Océan (CFCO), l'extension du Viaduc Nord et une usine de transformation de potasse à Pointe-Noire. Mais cette fois, Brazzaville ne négocie pas seulement des chantiers. Le gouvernement veut aussi expérimenter avec Pékin une formule baptisée " investir-construire-exploiter ", destinée à mobiliser de nouveaux mécanismes de financement.
Ce portefeuille a été arrêté à l'issue d'une mission gouvernementale en Chine menée du 24 juillet au 6 août 2026. Pour les infrastructures de transport, le CFCO et le corridor 13 occupent une place importante, aux côtés de l'extension du Viaduc Nord. À Pointe-Noire, le projet industriel porte sur une usine capable de transformer localement la potasse en fertilisants et en engrais. L'objectif est donc aussi de faire émerger des activités de transformation autour des ressources naturelles du pays.
L'aérien constitue l'autre volet des discussions
Brazzaville prévoit la construction d'un centre de maintenance aéronautique et la révision des trois avions MA60 de la flotte nationale. Le Congo cherche également un partenaire stratégique pour développer une compagnie aérienne commune. Ces différents projets restent toutefois à un stade où plusieurs éléments essentiels ne sont pas encore publics : le gouvernement n'a communiqué ni leur coût individuel, ni la répartition des financements entre partenaires congolais et chinois.
C'est donc sur cette question du financement que Brazzaville tente une approche différente. Avec la formule " investir-construire-exploiter ", le partenaire ne serait plus seulement sollicité pour financer ou construire une infrastructure : son exploitation doit également entrer dans l'équation économique du projet. Le communiqué gouvernemental ne précise cependant pas encore la structure exacte des montages envisagés. En parallèle, le Congo a obtenu un accord de principe pour adhérer à la Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures (AIIB), ce qui pourrait lui ouvrir une source supplémentaire de financement pour ses projets.
Les six projets doivent désormais être intégrés au Plan national de développement 2027-2032 en cours d'élaboration. C'est à cette étape que leur coût, leur calendrier et surtout leur mode de financement devront progressivement être précisés. Pour le Congo, la question est de trouver suffisamment de capitaux pour remettre à niveau ses infrastructures de transport et développer de nouvelles capacités industrielles, sans faire dépendre tous ces investissements d'une seule source de financement.
Idrissa Diakité
Publié le 07/09/26 10:41
La Rédaction
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