Emprunter sur plusieurs années coûte cher au Congo. En mars 2026, la courbe des rendements publiée par la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) montre que les investisseurs demandent 6,64 % pour placer leur argent sur des titres publics congolais à trois mois, 7,67 % à six mois et déjà 9,09 % à un an. À deux ans, le rendement grimpe à 10,49 %. Plus l'État cherche donc à emprunter longtemps, plus la rémunération demandée augmente rapidement.
Le cap symbolique des 11 % est franchi à partir de trois ans, avec un rendement de 11,03 %. Celui-ci passe ensuite à 11,25 % à quatre ans et 11,35 % à cinq ans. Pour convaincre les investisseurs de conserver des titres congolais pendant plusieurs années plutôt que quelques mois, l'État doit proposer une rémunération nettement supérieure. Entre trois mois et trois ans, la différence atteint ainsi 4,39 points de pourcentage.
Le plus intéressant apparaît cependant après trois ans. Les taux continuent d'augmenter, mais très faiblement : 11,40 % à six ans, 11,43 % à sept ans, 11,45 % à huit ans et 11,47 % à dix ans. Autrement dit, une fois les 11 % dépassés, le coût demandé par le marché ne change presque plus. Entre un prêt à trois ans et un autre à dix ans, l'écart n'est que de 0,44 point.
Cette situation est importante pour les finances publiques. Un rendement élevé signifie que l'État doit offrir une rémunération importante aux investisseurs pour attirer leur argent. Plus ces conditions de financement sont coûteuses, plus elles peuvent peser sur les intérêts à payer lorsque de nouveaux emprunts sont réalisés à ces niveaux. La courbe de mars montre ainsi que le financement à moyen et long terme du Congo se situe autour ou au-dessus de 11 %.
Publié le 18/08/26 15:54
La Rédaction
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CEMAC