La Côte d'Ivoire va s'appuyer sur des données satellitaires et l'intelligence artificielle (IA) pour renforcer le suivi de ses forêts et de son agriculture. À cette fin, le ministère de l'Environnement et de la Transition écologique a conclu, le 2 octobre dernier, un accord-cadre de deux ans avec l'entreprise ivoirienne TerraKora AI. Cette alliance permettra de moderniser l'observation des écosystèmes nationaux afin de mieux répondre aux exigences de traçabilité agricole et de finance carbone.
Le ministre Abou Bamba et le dirigeant de l'entreprise, Kolia Alpha-Yaya Touré, ont officialisé ce projet, avec le soutien technique du Bureau national d'études techniques et de développement (BNETD).
Le dispositif combine des photographies prises depuis l'espace, des relevés sur le terrain et des calculs informatiques intelligents. Cette synergie permet de cartographier la végétation, de mesurer les zones de reboisement et d'évaluer la quantité de carbone retenue par la forêt. L'objectif consiste à remplacer les contrôles occasionnels par un suivi régulier et précis du territoire.
Cette avancée répond à une urgence écologique nationale. Le pays a perdu une grande partie de ses massifs forestiers durant les dernières décennies. La surface couverte par la végétation est passée de plus de 20 % dans les années 1960 à seulement 9,2 % en 2021. Les autorités ambitionnent d'atteindre un taux de couverture d'au moins 20 % d'ici 2030, une démarche qui exige une connaissance exacte des zones à préserver.
Ces informations de précision conditionnent désormais l'accès de la récolte agricole aux marchés internationaux. L'Union européenne imposera dès la fin de l'année 2026 des règles strictes sur les importations. Les acheteurs devront prouver que leurs achats de cacao, de café ou de caoutchouc ne proviennent pas de terres récemment déboisées. La géolocalisation exacte des exploitations garantit donc le maintien des ventes vers l'Europe, un enjeu financier majeur pour les acteurs de la filière locale.
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Par ailleurs, ce réseau de mesures numériques consolide le registre national du carbone. En mesurant avec fiabilité le volume de carbone capturé par les arbres, l'État valide l'efficacité des projets de protection environnementale. Ces données certifiées rassurent les investisseurs et facilitent l'accès aux financements mondiaux destinés au climat.
L'entreprise TerraKora AI conçoit ainsi une banque de données souveraine pour éclairer les décisions publiques. Le succès de cette transition repose néanmoins sur la simplicité des outils mis à disposition des agriculteurs. L'intégration de ces technologies modernes doit protéger la nature et sécuriser l'économie sans alourdir les démarches administratives des exploitants ruraux.
Anselme Akéko
Publié le 08/10/26 09:08
La Rédaction
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