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Côte d’Ivoire : 21 millions de tonnes de vivriers, le manioc et l’igname écrasent la production

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La Côte d'Ivoire confirme la puissance de son agriculture vivrière. La production nationale des principales cultures vivrières a atteint 21,15 millions de tonnes, selon le Rapport d'analyse des résultats de l'Enquête agricole annuelle 2024-2025 de l'Agence nationale de la statistique (ANStat), portée essentiellement par le manioc, l'igname et la banane plantain.

À elles seules, ces 3 spéculations concentrent près de 79% des volumes produits dans le pays. Le manioc domine largement avec 7,39 millions de tonnes, devant l'igname à 6,96 millions de tonnes et la banane plantain à 2,27 millions de tonnes. Les céréales affichent des niveaux plus modestes, avec 1,83 million de tonnes pour le maïs et 1,81 million de tonnes pour le riz.

Le rapport souligne ainsi la forte dépendance de l'alimentation ivoirienne à quelques cultures stratégiques, fortement ancrées dans les habitudes de consommation locales et adaptées aux différentes zones agroécologiques.

Sur le plan territorial, le Gontougo s'impose comme la première région productrice de vivriers avec 2,24 millions de tonnes, devant le Hambol et le Gbêkê. Le bassin de production de l'igname reste particulièrement concentré dans le nord et le centre du pays. Le Gontougo totalise à lui seul plus de 1,7 million de tonnes d'ignames, loin devant le Hambol et le Gbêkê.

Le manioc, culture la plus produite du pays, affiche des performances remarquables dans les régions de San Pedro, du Sud-Comoé et de La Mé. Quant à la banane plantain, la Marahoué domine nettement la production nationale, devant l'Agnéby-Tiassa et le Guémon.

Le rapport met également en lumière une agriculture vivrière de plus en plus tournée vers le marché. ‘'Les productions vivrières sont orientées en priorité vers la vente'', souligne l'ANStat. Cette dynamique est particulièrement visible pour le maïs, dont 66,6% des récoltes sont destinées à la commercialisation, ainsi que pour la banane plantain et le mil.

À l'inverse, certaines cultures restent davantage liées à l'autoconsommation. Le sorgho, le mil et la patate douce figurent parmi les produits les plus consommés directement par les ménages agricoles.

Autre enseignement majeur, les capacités de transformation demeurent limitées dans l'ensemble de la filière vivrière ivoirienne. Seul le sorgho affiche un niveau significatif de transformation agroalimentaire. Le stockage reste également important pour certaines cultures stratégiques comme le manioc, le soja ou encore les riz pluviaux, traduisant des enjeux persistants de conservation et de gestion des récoltes.

Enfin, l'utilisation des productions comme semences reste marginale, à l'exception notable de l'igname, du manioc et de l'arachide, signe du rôle central de ces cultures dans le renouvellement des cycles agricoles nationaux.

Publié le 21/05/26 17:44

Dr Ange Ponou

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