menu mobile

L’information économique au cœur des marchés africains

UEMOA : Les prix des matières premières exportées repartent à la hausse en mars, portés par un choc pétrolier de 39,3%

BRVMC0000000 - BRVMC
La BRVM Ferme dans 3h13min

Après un net recul en février, les matières premières exportées par les pays de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) retrouvent des couleurs. En mars 2026, l'indice des prix des principaux produits exportés par l'Union a progressé de 0,2%, soutenu essentiellement par la flambée des produits énergétiques dans un contexte de fortes tensions géopolitiques au Moyen-Orient.

Le pétrole a bondi de 39,3% sur un mois, tandis que le gaz naturel a grimpé de 24,2%. Une envolée directement liée aux perturbations de l'offre mondiale provoquées par ‘'les attaques ciblant les infrastructures énergétiques'' et ‘'la quasi-fermeture du détroit d'Ormuz'', passage stratégique du commerce mondial des hydrocarbures.

La situation a également été aggravée par ‘'la mise hors service de la plus grande usine au monde de GNL située au Qatar'', souligne le rapport de la BCEAO, alimentant une poussée des prix du gaz naturel.

Dans le sillage de cette crise énergétique, plusieurs matières premières agricoles et industrielles ont enregistré des hausses notables. Les huiles de palme ont renchéri de 11,2%, les huiles de palmiste de 6,4%, le coton de 6%, le caoutchouc de 5,2% et le phosphate de 5,1%.

L'énergie chère stimule notamment la demande mondiale de biodiesel, soutenant ainsi les huiles végétales. Quant au coton, il profite d'une demande robuste venue de Chine et de perspectives de récoltes dégradées aux États Unis en raison des conditions climatiques.

Le cacao décroche de près de 10% en un mois

À l'inverse, plusieurs produits phares des économies de la région ont subi des corrections marquées. Le cacao a chuté de 9,6% en mars, pénalisé par des perspectives d'offre abondante en Afrique de l'Ouest et une demande internationale moins dynamique.

Le café a lui aussi reculé de 2,2%, sous l'effet d'une amélioration des récoltes au Brésil et d'une hausse des exportations vietnamiennes. L'or a perdu 3,2%, affecté par les prises de bénéfices des investisseurs et le raffermissement du dollar.

Le zinc (-4,3%), l'uranium (-4%) et d'autres matières minières ont également évolué en baisse dans un environnement financier marqué par l'aversion au risque et les incertitudes géopolitiques.

Une baisse annuelle moins brutale qu'en février

Sur un an, la tendance demeure néanmoins négative. En mars 2026, l'indice global des produits exportés par l'UEMOA affiche un recul de 2,1% par rapport à mars 2025. Toutefois, la contraction ralentit nettement après la chute de 9,8% enregistrée le mois précédent.

Cette baisse reste largement dominée par l'effondrement des cours du cacao, en recul de 59,9% sur un an, ainsi que du café, qui abandonne 32,9%. La noix de cajou (-9,1%) et le caoutchouc (-5,7%) sont également orientés à la baisse.

En revanche, certains produits stratégiques affichent des performances impressionnantes sur 12 mois. C'est le cas de l'or dont les cours ont progressé de 62,9%, ceux du pétrole de 33,9% et ceux de l'uranium de 32%.

Ce regain des matières énergétiques rappelle à quel point les économies de l'UEMOA demeurent fortement exposées aux secousses géopolitiques mondiales, alors même que plusieurs filières agricoles exportatrices traversent une phase de réajustement des prix.

Publié le 21/05/26 10:40

Dr Ange Ponou

SOYEZ LE PREMIER A REAGIR A CET ARTICLE

Pour poster un commentaire, merci de vous identifier.

JS9gLHy0h9hpd273lV62cylDe2TnkoQ-aVncDr15yYQ False